Michel Tremblay a son vitrail à Thompson

Le nouveau résidant permanent de la salle Thompson,... (Photo: Ève Guillemette)

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Le nouveau résidant permanent de la salle Thompson, l'écrivain Michel Tremblay, a posé devant le vitrail le représentant avec, à sa gauche, le concepteur Jean Beaulieu et les cinq artistes qui l'ont réalisé. De gauche à droite, ce sont: Anna-Belle Pombert, Laeticia Chamberland, Janine Cressier, Wesley Power et Mathieu Langlois.

Photo: Ève Guillemette

François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On a dévoilé hier, en fin d'après-midi, le premier d'une nouvelle série de vitraux qui orneront désormais l'entrée de la salle J.-Antonio-Thompson. Le premier artiste à faire l'objet de cet honneur est l'écrivain Michel Tremblay dont on présentait hier soir, une pièce adaptée de son roman Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges.

Les problèmes administratifs qui ont mis fin aux activités des ateliers Art Go à Trois-Rivières n'ont eu raison ni des projets pour les jeunes de la rue, ni de la créativité de l'artiste Jean Beaulieu qui a conçu le vitrail dévoilé hier et qui continuera de collaborer avec l'organisme Point de rue en tant que directeur artistique pour la réalisation de vitraux.

On ne sait pas, à ce stade-ci, combien de vitraux suivront celui dévoilé hier. On sait seulement que tant que l'organisme pourra trouver les fonds nécessaires, on poursuivra cette collection qui a pour but d'honorer de grands artistes qui sont passés ici.

Le vitrail consacré à Michel Tremblay est de conception assez simple.

Jean Beaulieu a repris une photo très connue de l'écrivain en y ajoutant une symbolique chaise de cuisine, le tout sur un fond qui reprend un motif présent dans la décoration de la salle. Ce fond se retrouvera sur tous les vitraux de la nouvelle collection.

Michel Tremblay a reçu cet hommage avec modestie et émotion. «Tout ça vient de Rita (Lafontaine). J'avais commencé par refuser parce que je trouvais ça prétentieux d'avoir un vitrail à mon effigie avant ma mort mais Rita a insisté et surtout, elle m'a bien expliqué ce qu'est Point de rue. Quand j'ai compris ce que l'oeuvre représente pour les gens qui l'ont fait, j'ai accepté et j'en suis très content. Non seulement suis-je flatté mais c'est un honneur d'avoir été leur premier sujet dans cette série. Que des gens se soient pris en mains pour fabriquer une telle oeuvre d'art, je trouve ça extraordinaire.»

«C'est Anna-Belle, une participante qui expliquait, lors de la présentation officielle, que chaque morceau du vitrail représente une journée de lutte dans leur vie. J'espère que c'est comme ça que les gens vont le prendre et non pas juste comme l'orgueil d'un artiste qui avait envie de voir son portrait sur un mur. Et que le vitrail ait ce niveau de qualité, en plus, c'est formidable.»

L'artiste avoue en être arrivé, à 69 ans, à «l'âge des hommages». Les années au compteur ont peut-être ceci de bon qu'il a appris à les bien recevoir.

«L'important, je pense, c'est de ne pas courir après et de les oublier dès qu'on se remet au travail. Ce qui compte, c'est encore ce que je fais, concrètement, d'année en année. Le reste, c'est du crémage; que j'apprécie beaucoup, c'est vrai, mais du crémage quand même. Il ne faut jamais penser qu'on puisse être un symbole quelconque de peur que ça nous empêche de travailler.»

«Demain matin, à 8 h 30, je vais être devant mon ordinateur à écrire mon prochain roman qui en est à la page 108. Il ne faut pas que je sois encore sur le high que ça me procure d'être en effigie à Trois-Rivières. S'il y a quelque chose que je voudrais que les jeunes retiennent de moi, c'est le travail et la patience. Ce qui compte, c'est de réaliser des choses. Ma plus grande fierté, c'est la tête de cochon que j'ai eue qui m'a poussé à réaliser les projets que j'avais en tête.»

Jean Beaulieu, de son côté, affichait lui aussi pas mal de fierté, la sienne prenant sa source dans le seul fait qu'il ait pu poursuivre son projet de vitraux malgré les difficultés rencontrées dans leur financement.

«Cette année, on devrait dévoiler six vitraux grâce aux projets à Nicolet, aux Manoirs McDonald's à Montréal et ici, alors que le dernier qu'on a présenté à Shawinigan se présentait comme notre dernier. Ici, à la salle Thompson, j'espère qu'on va en avoir une dizaine ou une vingtaine, même. On va en faire tant qu'on va avoir l'argent pour les réaliser. Que ce soit Denise Filliatrault, la pièce Broue ou même Aznavour, si Aznavour devait venir ici. Ce ne sont pas les sujets qui manquent.»

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