Le tricot se déchaîne

À l'avant: Catherine Leduc et Matthieu Beaumont du... (PHOTO: STÉPHANE LESSARD)

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À l'avant: Catherine Leduc et Matthieu Beaumont du duo Tricot Machine, Claire Plourde, Benoît Gauthier ainsi que la coordonnatrice de l'événement de tricot graffiti, Gaëlle Joly.

PHOTO: STÉPHANE LESSARD

Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Musée québécois de culture populaire à Trois-Rivières a un petit quelque chose de changé cet été. Pour ceux qui chercheront l'erreur, coin Hart et Laviolette, un premier indice: cherchez du côté des arbres et vous en trouverez un multicolore.

Et tant qu'à être sur place, longez la rue Hart et vous y verrez une clôture ponctuée de poteaux arborant quelques nouvelles tuques de laine. Touchez la petite pancarte bleue qui annonce le Musée et vous la trouverez particulièrement douce. Mais encore, faites le tour de la bâtisse et vous y verrez peut-être un détenu s'échapper de la Vieille prison à l'aide d'une échelle tricotée serrée.

L'événement se nomme Les mailles s'échappent et se concentrera tout l'été sur le tricot nouvelle vague, soit le tricot graffiti qui, semble-t-il, serait devenu un petit phénomène aux États-Unis depuis 2005. La pratique veut que dans les centres urbains, on cible des éléments de quelques lieux communs et on les habille de petites laines.

Le tricot remis au goût du jour? Hier en conférence de presse au Musée, on y croyait à la vue de cette rangée de tricoteuses, des jeunes filles de 11 à 13 ans qui n'ont pas lâché le mouvement de leurs aiguilles pendant que les dignitaires prenaient la parole à l'avant pour annoncer l'événement et vantait ses vertus intergénérationnelles.

L'événement tricot graffiti s'organise à Trois-Rivières depuis avril et pour concevoir le tout, on a offert au Musée une trentaine d'ateliers de tricot aux jeunes visiteurs, en plus de faire appel à plusieurs organismes où l'on a concrétisé le tout, notamment le Centre d'art La Fenêtre, le Centre Landry et la Maison des jeunes l'Entr'Amis.

Du côté des tricoteuses d'expérience, on a fait particulièrement appel au Cercle des fermières de Trois-Rivières, appelées à transmettre leur art aux plus jeunes. D'ailleurs au moment où ce rendez-vous leur a été donné, les femmes ont d'abord cru à une idée farfelue, voire à une blague. Or avec le recul, elles voient les choses autrement et aiment bien ce projet rassembleur.

«En cette ère de sans-fil, un seul fil nous unit ici», note Ginette Léveillée, du Cercle des fermières.

«C'est un petit bout de notre patrimoine qui est partagée, maille par maille.» La responsable de la Maison des jeunes L'Entr'Amis, Jocelyne Lupien, appuie. «Avec la nature, sans la briser, on peut faire de belles choses», retient-elle.

À tout seigneur tout honneur, on ne pouvait pas organiser un événement du genre sans faire appel au duo Tricot Machine, qui a donné une courte mais bien agréable prestation hier pour l'inauguration de l'événement.

Catherine Leduc et Mathieu Beaumont ont notamment entonné leur chanson «Les Peaux de Lièvres», qui a fait l'objet d'un vidéoclip signé Simon Laganière où les images sont composées par une suite de tricots.

À l'intérieur du Musée tout l'été, au rez-de-chaussée, une centaine de ces tricots seront exposés. Il s'agit d'une portion des quelques 900 tricots qui ont servi la réalisation du vidéoclip et qui ont tous été conçus par l'artisane Lysanne Latulippe.

L'événement Les mailles s'échappent est une réalisation de Gaëlle Joly, une jeune femme qui est actuellement en stage au musée trifluvien, dans le cadre de son cours sur les métiers du patrimoine, à l'Université de Bretagne. Pour la population, les fantaisies en tricot seront en place autour du Musée tout l'été, jusqu'à la Fête du travail.

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