1990: un départ annoncé

Lors de l'élection municipale de 1986, les médias avaient avancé les noms de... (les années Beaudoin)

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les années Beaudoin

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Le Nouvelliste

Lors de l'élection municipale de 1986, les médias avaient avancé les noms de quelques candidats potentiels à la mairie. Et les auteurs de ces prédictions s'étaient royalement plantés! Il faut dire que le retour inattendu du «roi Beaudoin» avait sérieusement changé le tableau des prétendants au trône.

L'élection suivante est prévue pour novembre 1990 et Gilles Beaudoin choisit de donner du temps à ceux qui voudront lui succéder. Dès avril 1989, il annonce officiellement qu'il va compléter son cinquième mandat, pour ensuite se retirer. Le jour même de cette annonce, la machine à rumeurs repart de plus belle.

Dans L'Hebdo Cap-Trois-Rivières, l'éditeur Claude Loranger prévoit une sorte de jeu de chaise musicale: le député provincial Paul Philibert passe à la mairie, le recteur de l'UQTR Jacques Parent prend le siège de député et le vice-recteur Robert Beaudoin remplace M. Parent. Scénario audacieux et intéressant, mais qui va rester sans suite.

Plus prudent dans ses prédictions, Le Nouvelliste risque quatre noms: Guy LeBlanc, Jean-Guy Doucet, Guy Larivière et Gérald Cholette. Score parfait pour le quotidien régional: 18 mois plus tard, les quatre seront en effet dans la lutte électorale, plus deux autres candidats, Pierre Boulard et Robert Sauvageau. Dans cette course à six pour sa succession, Gilles Beaudoin va rester neutre et prévient qu'il va intervenir seulement s'il est attaqué personnellement, ce qui n'arrivera pas.

En attendant sa retraite, le maire va s'appliquer à fermer ses derniers dossiers et à faire son bilan. En janvier 1990, dans son vingtième et dernier discours annuel à la Chambre de commerce, il fera le tour des projets réalisés à Trois-Rivières, en particulier au centre-ville. Il ajoutera: «La seule pièce qui manque pour compléter la liste de ces grandes réalisations, c'est une salle de congrès. Voilà un équipement indispensable réclamé par la Ville, la Chambre de commerce et la SIDAC... La salle est déjà une réalité physique et elle sera aménagée cette année, avec l'hôtel et le stationnement».

L'orateur sera chaudement applaudi pour ce dernier discours et ce ne sera qu'un début. Tout au long de cette année 1990, il cumulera les hommages publics. On va donner son nom au parc industriel numéro un, de même qu'à une salle du futur centre de congrès. On va lui décerner la «Médaille de l'UQTR», pour avoir «contribué au développement et au rayonnement de l'université». Cahier spécial dans Le Nouvelliste et dans L'Hebdo. Émissions spéciales à la radio et la télévision. Discours devant différents publics pour faire son bilan de carrière. Ce n'est pas tout. En octobre 1990, il recevra une sorte de témoignage d'estime tout à fait inattendu, qui prendra la forme d'un sondage d'opinions: 80 % des gens consultés estiment que l'administration Beaudoin a «très bien ou assez bien géré les fonds publics».

Notez enfin cette étrange signature du destin: fils et petit-fils de marchands de meubles, marchand de meubles lui-même, le maire Beaudoin va faire sa dernière sortie publique le 17 octobre 1990 pour inaugurer... Ameublements Tanguay!

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