De quoi être fier

Peu après l'élection de novembre 1986, le conseil municipal se donne un... (les années Beaudoin)

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les années Beaudoin

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Le Nouvelliste

Peu après l'élection de novembre 1986, le conseil municipal se donne un vigoureux plan d'action. Entre autres intentions, les élus annoncent qu'ils vont augmenter la « publicité » de la Ville, qu'ils considèrent trop modeste. Notez que presque tous les politiciens du monde sont comme ça : ils se méfient de l'information et préfèrent de loin la publicité, parce qu'on peut la contrôler.

Les citoyens et les gens des médias peuvent donc prévoir en cours de mandat le déploiement d'une grande campagne publicitaire... Mais elle arrivera assez tard, pas avant 1990 qui est justement une année d'élections. Et cette campagne sera un peu étrange.

D'une part, on avait annoncé que les efforts publicitaires allaient porter sur le marché extérieur, pour faire connaître les succès de Trois-Rivières à Montréal, à Québec ou ailleurs. Et pourtant non. Le plus gros des placements publicitaires va se faire ici même, dans nos médias régionaux, et va viser surtout la population locale.

D'autre part, le slogan de la campagne étant « Y'a de quoi être fier ! », on comprend qu'il s'agit de vendre de la fierté à la population de Trois-Rivières comme si elle en manquait. Ajoutons que la fierté est alors un thème à la mode dans toutes les villes de province, depuis que Montréal a lancé son slogan « La fierté a une ville ».

Principaux bénéficiaires de la campagne, les médias régionaux vont la trouver géniale et y souscrire avec enthousiasme. Petit bémol : dans le partage de la « tarte » publicitaire, un média a été oublié, mais il ne tardera pas à rappeler son existence. Il s'agit d'un journal communautaire de faible influence mais de fort tirage.

En juin 1990, sous le titre ironique de « Y'a de quoi être fier ! », le journal en question publiera en primeur les détails d'une plainte adressée par un citoyen au ministère des Affaires municipales du Québec. La plainte cite différents cas où se trouverait mise en cause l'intégrité du maire et du Conseil municipal de Trois-Rivières.

Après une carrière de presque vingt ans, c'est une première pour Gilles Beaudoin. On a parfois questionné ses décisions ou sa vision des choses, mais jamais son intégrité. Tous les observateurs de la scène municipale et même les opposants du maire s'entendent pour reconnaître la parfaite honnêteté de cet homme public en fin de carrière. Lu-imême qualifiera cette plainte de « cochonnerie » et il en sera temporairement très affecté.

Mais l'affaire tournera court rapidement. En effet, le signataire va sortir de l'anonymat. D'abord pour reconnaître que, dans cette affaire, il a servi de prête-nom.

Ensuite pour déclarer qu'il se désiste de la procédure en cours.

Et enfin pour identifier les individus qui seraient à l'origine de la plainte. De son côté, le ministre des Affaires municipales Yvon Picotte annoncera que la plainte n'aura pas de suite et résumera l'opinion générale en disant de cette affaire : « C'est du charriage de bas étage et de ruelle ».

Après cet épisode qualifié de « vaudeville » par la journaliste Ginette Gagnon, la vie municipale va reprendre son cours normal. Mais pour la fierté, on repassera.

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