Un monument de fierté

En 1970, Gilles Beaudoin a été élu sur la base d'un programme économique, c'est... (les années Beaudoin)

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les années Beaudoin

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Le Nouvelliste

En 1970, Gilles Beaudoin a été élu sur la base d'un programme économique, c'est certain. Ce commerçant issu de la Chambre de commerce ne pouvait pas parler d'autre chose que de favoriser les investissements dans le commerce et l'industrie. Mais le social et le culturel vont bientôt le rattraper... Et il en sera peut-être le premier surpris.

Né en 1919, Gilles Beaudoin appartient en effet à une génération pour qui le social et le culturel, c'est l'affaire des curés, des bonnes soeurs et des dames patronnesses. Mais quand arrive la Révolution tranquille, notre saint père l'État remplace notre sainte mère l'Église et le gouvernement du Québec se charge de toute une série de responsabilités, qu'il va par la suite généreusement partager avec ses créatures du monde municipal. Parmi ces responsabilités aimablement transférées se trouve le développement culturel.

Dès le lendemain de son élection, Gilles Beaudoin doit composer avec la gestion d'un centre culturel, inauguré en 1968 et dont on cherche toujours la vocation. C'est l'époque où des jeunes se rassemblent au parc Champlain pour chahuter les élus municipaux, dénoncer la culture «élitiste» et réclamer une démocratisation de la vie culturelle.

Encore une fois, Gilles Beaudoin devra s'adapter. La programmation culturelle municipale sera confiée aux Productions Specta. Les Jeux du Québec de 1975 et les Fêtes du 350e de 1984 auront un fort contenu culturel. La Ville aura son Orchestre symphonique, son Prix littéraire annuel, sa Biennale de céramique, son Festival international de la poésie, son Salon du livre et autres manifestations supportées par la Ville. La bibliothèque municipale sera agrandie, rénovée, modernisée et prendra le nom du poète trifluvien Gatien Lapointe. Trois-Rivières aura même son Musée des arts et des traditions populaires, qui incorporera la Vieille Prison. Cet important virage sera facilité par le fait que trois ministres des Affaires culturelles seront d'origine trifluvienne: Denis Vaugeois, évidemment, mais aussi Lise Bacon et Gérald Godin.

Toutefois, le plus grand succès de l'administration Beaudoin, le fleuron de sa couronne, ce sera la salle de spectacles J.-Antonio-Thompson. Dans un premier temps, il faudra acquérir le bon vieux théâtre Capitol et le convertir. Ce sera fait en 1979. Dans un deuxième temps, il faudra restaurer le coeur du bâtiment et travailler tout autour: refaire les coulisses, les vestiaires et les loges, ajouter un grand hall... Ce sera fait en 1987, à la suite d'une importante contribution du gouvernement, assortie d'une souscription publique menée par le maire lui-même auprès des entreprises et des municipalités. Ici, le succès sera plus évident à l'est qu'à l'ouest. On verra Sainte-Marthe-du-Cap y aller d'une contribution modeste mais significative. On verra le maire Beaumier de Cap-de-la-Madeleine payer le cocktail, lors du gala d'inauguration.

Ce soir-là, Gilles Beaudoin triomphe. L'Orchestre symphonique de Trois-Rivières et les Petits chanteurs de l'abbé Thompson vont se produire devant un parterre de personnalités comprenant le maire de Montréal Jean Doré, la vice-première ministre du Québec Lise Bacon et deux magnats des communications, Roger D. Landry et Henri Audet.

Au lendemain de la fête, Gilles Beaudoin avouera: «Ce fut mon dossier le plus difficile depuis 1970. C'est le temps qui va en faire un monument de fierté».

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