Le dernier mandat

«Beaudoin revient!» Telle est la manchette du Nouvelliste, en date du 5 août... (les années Beaudoin)

Agrandir

les années Beaudoin

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Nouvelliste

«Beaudoin revient!» Telle est la manchette du Nouvelliste, en date du 5 août 1986. C'est la fin d'un long suspense pour les journalistes et autres observateurs. Après seize ans de «règne», plusieurs pensaient que le maire allait se retirer... Et pourtant non.

Sa santé est bonne, son intérêt est toujours là, plusieurs grands projets sont sur le point d'aboutir et aucun des «gros noms» pressentis pour la mairie n'a officiellement annoncé sa candidature. Depuis un an, les rumeurs avaient circulé et on avait avancé des noms: les conseillers Guy LeBlanc et Henri-Paul Jobin, la conseillère Françoise Drolet, l'ex-conseiller Jean-Guy Laferté, l'homme d'affaires André Young... Le retour de Gilles Beaudoin va changer la donne.

Le chroniqueur municipal Marcel Aubry souligne «le retrait presque systématique de toutes les personnes (certaines de prestige) qui avaient été pressenties» et prédit que l'élection de novembre sera «une bataille qui risque de ne pas en être une».

Contre toute attente, il y aura bien une bataille, elle sera difficile pour le maire sortant et sa victoire aura des allures de défaite. Le soir du 2 novembre 1986, lui qui a toujours connu des majorités de 10 000 voix et plus, il devra se contenter d'un peu plus de mille voix. Pire encore: il est allé chercher cette majorité grâce aux trois quartiers qui lui sont restés fidèles: Laviolette, Lambert et Saint-Jean-Baptiste de Lasalle. Sans cela, il était battu.

«Ce résultat m'oblige à réfléchir», dira le principal intéressé, à qui les observateurs prédisent un mandat difficile. Ils ont bien raison. Pendant quatre ans, le maire réélu vivra sous une double pression: une pression de l'intérieur, avec son conseil municipal, une pression de l'extérieur, venant des médias et des citoyens.

À propos de l'ambiance à l'hôtel de ville, écoutons encore Marcel Aubry: «L'ère durant laquelle le maire et le gérant décidaient à peu près tout est bel et bien révolue. Désormais, c'est tout le conseil qui discute les dossiers et qui prend les décisions». Ces discussions se faisant souvent en public, les médias vont faire une grande place aux dossiers litigieux: le Festival des trois rivières, le club Radisson, le cimetière Saint-Michel, l'île Saint-Quentin, l'avenir du chef de police, le nouveau règlement de zonage... Chaque fois, des voix se font entendre dans le conseil ou dans le public pour dénoncer, discuter, s'objecter. Un parti d'opposition va même voir le jour, sous le nom de «Rassemblement pour l'action municipale».

D'une certaine façon, Gilles Beaudoin va calmer le jeu en avril 1989 quand il annonce qu'il ne sera pas sur les rangs en novembre 1990. Tout le monde s'en doutait, mais cette annonce publique vient détendre l'atmosphère plutôt lourde de ce cinquième mandat, dont on sait maintenant qu'il sera le dernier. La succession est ouverte.

Même dans sa croisade pour les regroupements municipaux, le maire va lever le pied: il ne parlera plus de fusion avec les villes voisines, mais plutôt de la formation d'une communauté urbaine.

Finalement, sa retraite devrait se faire sereinement.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer