Les usines à Beaudoin

En 1970, Gilles Beaudoin est élu maire grâce à son discours économique. Il a... (les années Beaudoin)

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Le Nouvelliste

En 1970, Gilles Beaudoin est élu maire grâce à son discours économique. Il a promis d'attirer de nouveaux investissements industriels à Trois-Rivières. Mais les citoyens restent perplexes et parlent avec humour de ce qu'ils appellent «les usines à Beaudoin».

On comprend cette attitude. Trois-Rivières n'a pas attiré de nouvelles usines depuis le milieu des années 1950 (c'était la Westinghouse). Son nouveau parc industriel, au bout du boulevard Parent, reste encore largement le royaume des bouleaux et des épinettes. Quant au prestigieux parc industriel et portuaire de Bécancour, qui devait faire la prospérité de Trois-Rivières, son démarrage se fait très lentement.

Gilles Beaudoin se met donc à la tâche, avec quelques résultats: une deuxième usine Westinghouse, la relance de Domtar par Kruger, plus quelques nouvelles implantations qui ont pour noms Fuji Dying, Nautilatex, Eurocan Plastic, Newsprint Specialties... Mais on remarque surtout l'animation du port, avec l'ouverture d'un immense chantier, celui de la barge Polaris. Il s'agit d'assembler à Trois-Rivières une sorte de plate-forme qui sera envoyée dans l'Arctique. On parle ici d'un chantier de 40 millions $ qui embauche 400 travailleurs et que le maire présente comme «le départ d'une nouvelle ère dans l'essor économique de Trois-Rivières». Mais le beau chantier est bien éphémère: aussitôt complétée, la barge sera remorquée jusqu'à sa destination, laissant derrière elle un grand vide!

Toutefois, le maire ne désarme pas. Il a des ambitions du côté de la très grande industrie et mobilise les villes voisines pour attirer chez nous de gros constructeurs. On pense à Airbus dans l'aéronautique ou à Lada dans l'automobile. Le constructeur soviétique songe en effet à ouvrir une chaîne de montage au Canada pour son véhicule «Niva», que l'on dit bien adapté à notre marché et à notre climat.

Mais la principale mobilisation viendra en 1985, dans le dossier Toyota. Voilà un investisseur plus sérieux que les camarades de Moscou. Le maire Beaudoin sait que le ministre québécois de l'industrie se rendra bientôt au Japon pour plaider la cause du Québec. Ce ministre est Yves Duhaime, un voisin, un ami, un allié. Avant le départ de la délégation québécoise, le maire Beaudoin rassemble les maires de Shawinigan, Shawinigan-Sud, Grand-Mère, Cap-de-la-Madeleine et Trois-Rivières-Ouest. Dans une super-conférence de presse, flanqués de tous les intervenants du développement économique régional, les six maires déposent au ministre un dossier étoffé sur le potentiel de la Mauricie.

Après avoir fait la manchette et avoir nourri les espérances, les dossiers Airbus, Lada et Toyota n'aboutiront pas. Reste toutefois une heureuse conséquence qui va retenir l'attention de tous les observateurs: les villes de la région ont enfin formé un front commun pour le développement économique.

À propos du dossier Lada, on peut quand même se poser une question. À la fin des années 1950, la Ville de Trois-Rivières aurait acheté un camion de pompiers de marque Mack pour attirer chez elle ce constructeur américain. Trente ans plus tard, pour attirer Lada, la Ville aurait-elle eu l'idée d'acheter des voitures de cette marque pour son service de police? Non, évidemment. Il y a des limites à la «petite séduction»...

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