Rouge... et pourtant

En mai 1973, Gilles Beaudoin se rend à Montréal, où il est l'invité d'honneur... (les années Beaudoin)

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les années Beaudoin

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Le Nouvelliste

En mai 1973, Gilles Beaudoin se rend à Montréal, où il est l'invité d'honneur pour le lancement du livre Maurice Duplessis et son temps. Quelques jours plus tard, retour de politesse, Gilles Beaudoin accueille l'auteur Robert Rumilly à l'hôtel de ville de Trois-Rivières, pour le lancement régional de cette même biographie politique.

La tradition familiale vient d'en prendre un coup! C'est que les Beaudoin sont rouges de père en fils, à une époque où l'engagement politique tient plus de la génétique familiale que d'un choix personnel. Mais Gilles Beaudoin est à l'aise avec ça: en autant que sa ville est mise en vedette...De toute façon, comme maire de Trois-Rivières, Gilles Beaudoin est habitué de naviguer dans les eaux troubles de la politique provinciale, car les municipalités sont des créatures du gouvernement du Québec: ainsi, il vivra onze ans sous régime libéral et neuf ans avec le PQ... De plus, il doit naviguer dans les eaux fédérales quand il est question du port, de l'aéroport, du site historique des Forges et de quelques autres dossiers.

Libéral dans l'âme, Gilles Beaudoin restera généralement discret dans l'expression de ses sentiments partisans. Évidemment, il sera bien à l'aise avec les gouvernements libéraux, mais il saura se montrer courtois et bienveillant avec les représentants du gouvernement péquiste. À propos du PQ, notez toutefois ce petit bémol: Gilles Beaudoin sera très contrarié par la mobilisation péquiste derrière la candidature à la mairie du député Denis Vaugeois, en 1982. Mais en général, il se comporte comme un maire non-partisan.

Par contre, là où il n'hésite pas à s'afficher, c'est dans une défense vigoureuse de l'unité canadienne. Il ne rate jamais une cérémonie de la Fête du Canada et offre de la faire au parc Champlain ou sur le parvis de l'hôtel de ville. Il accueille à bras ouverts la caravane «Canadôme» qui parcourt le pays pour promouvoir l'unité canadienne. Il participe aux activités du «Comité Canada Committee», allant jusqu'à signer un texte de son cru dans le livre Mon pays le Canada, qui regroupe 130 témoignages sur l'unité canadienne. Et puis, il y a ce jumelage avec une ville ontarienne...

Mise en contexte: après l'élection du Parti québécois, en novembre 1976, le Canada anglais se prend d'une soudaine affection pour le Québec et cette affection passe par le jumelage des villes. La partenaire de Trois-Rivières sera Sarnia, ville de pétrochimie, dont les effluves ne sont pas sans rappeler chez nous les fameuses odeurs de pâtes et papier.

Cet échange sera pour Gilles Beaudoin l'occasion d'amener le maire de Sarnia jusqu'aux pieds de la statue de Maurice Duplessis, pour lui faire lire l'inscription «Collaboration toujours, assimilation jamais». De quoi le faire réfléchir. Libéral bon teint, fédéraliste convaincu, ainsi nous apparaît Gilles Beaudoin... Et pourtant, ce n'est pas ça qui va arrêter René Lévesque. Peu avant l'élection générale de 1973, voici le chef du Parti québécois qui débarque chez Gilles Beaudoin, rue Lajoie, pour lui offrir d'être candidat dans Trois-Rivières.

Remarquez, on peut toujours rêver, même si on s'appelle René Lévesque.

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