Le maire voyage

Pauvre Gilles Beaudoin. À Trois-Rivières, il navigue à travers les éternelles... (les années Beaudoin)

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François Roy
Le Nouvelliste

Pauvre Gilles Beaudoin. À Trois-Rivières, il navigue à travers les éternelles querelles Québec-Canada. Et puis quand il traverse l'Atlantique pour le jumelage de sa ville avec Tours, alors ilse retrouve coincé entre Touraine-Québec et Touraine-Canada.

Ce jumelage avec Tours, Gilles Beaudoin va l'assumer dignement, mais ça n'était pas son premier choix. Il aurait préféré Saint-Malo, avec qui il avait eu un premier contact peu après son élection. Saint-Malo, la cité corsaire, la ville de Jacques Cartier, avec sa population bretonne qui nous ressemble tellement.

Le maire Beaudoin aurait aussi aimé jumeler sa ville avec Pau, la joyeuse capitale du Béarn, dont le Grand Prix automobile est lié à celui de Trois-Rivières et dont le maire André Labarrère a déjà enseigné à l'Université Laval.

Mais il faut ce qu'il faut et Gilles Beaudoin va signer une entente avec Tours. À l'origine de ce jumelage: le chanoine Beaumier de Trois-Rivières, qui a mené une importante recherche sur Marie de l'Incarnation, cette Ursuline de Tours qui avait amené ses filles au Canada. Le travail du chanoine a eu comme conséquence de rapprocher les Ursulines de Tours et de Trois-Rivières, et par effet d'entraînement les mairies des deux villes.

À la mairie de Tours, le vis-à-vis de Gilles Beaudoin est un personnage d'envergure nationale: Jean Royer, ancien instituteur devenu député-maire, ministre de Pompidou, homme sévère et austère. Au premier voyage des Trifluviens, justement, le maire Royer n'est pas là pour les accueillir, retenu à Paris par ses obligations de ministre. Il faut dire que Gilles Beaudoin ne s'est pas contenté de former une délégation officielle composée de quelques membres; il a plutôt organisé un plein autobus de joyeux turlurons venus faire l'accolade aux cousins français. Prudent, M. Royer va s'abstenir.

Mais ce jumelage vivra quand même quelques belles années. Les deux villes auront des échanges au plan politique, économique et culturel. Et c'est justement lors de ses visites à Tours que Gilles Beaudoin devra composer avec Touraine-Canada et Touraine-Québec.

Touraine-Québec rassemble des jeunes et penche à gauche. Ses membres sont particulièrement actifs dans les échanges de l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Ils accueillent leurs invités dans une brasserie qui s'appelle, sans blague, le «P'tit Québec»!

Touraine-Canada, c'est la vieille France des institutions. On prend l'apéro dans du mobilier Louis-XV et on s'informe de monsieur Trudeau, ce grand politicien qui garde le Canada uni. On s'informe aussi du pittoresque monsieur Chrétien, qui est un peu tourangeau, puisque son ancêtre venait de Loches, résidence royale voisine de Tours...

Plus près de nous, Gilles Beaudoin acceptera une invitation à participer au «sesquecentennial» de Toronto, en 1984. Le maire Art Eggleton, futur ministre fédéral, veut en effet honorer toutes les villes canadiennes qui célèbrent un anniversaire significatif, comme Trois-Rivières avec ses 350 ans. Pour accompagner Gilles Beaudoin dans tous ses déplacements, le maire Eggleton a désigné un de ses proches, l'homme d'affaires Frank Paznar, un bon catholique qui vient d'organiser avec succès la visite du pape à Toronto.

Et puis dans l'entourage du maire Eggleton, on peut remarquer un jeune conseiller municipal particulièrement prometteur. Il s'appelle Jack Layton.

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