Des autoroutes aux véloroutes

Gilles Beaudoin est un homme de son époque et son époque, c'est le règne de... (les années Beaudoin)

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Le Nouvelliste

Gilles Beaudoin est un homme de son époque et son époque, c'est le règne de l'automobile. Quand il siège au Jeune Commerce ou à la Chambre sénior, il rêve de routes et d'autoroutes, de ponts et de carrefours... Et quand il occupera la mairie, il va continuer de réclamer «des artères au Coeur-du-Québec».

Remarquez, il n'a pas tort. Dans le déploiement des grands réseaux de transports, Trois-Rivières a toujours été laissée pour compte et a pris du retard. C'était vrai en 1850, lorsque le chemin de fer du Grand Tronc est passé loin sur la rive sud et l'histoire s'est répétée 100 ans plus tard, lorsque l'autoroute transcanadienne a emprunté à peu près le même tracé, faisant la fortune de Drummondville et Victoriaville. Mais les choses vont changer.

Entre 1971 et 1984, Gilles Beaudoin aura le bonheur de participer à de belles inaugurations: le pont Radisson vers Cap-de-la-Madeleine, l'autoroute 40 vers Berthierville, la 55 vers Shawinigan, la 755 qui traverse l'agglomération et finalement la 40 vers Donnacona. Ce sont là des ouvrages du gouvernement du Québec, mais la Ville sera mise à contribution de différentes façons: expropriations, relocalisation, voies d'accès, adaptation à la trame urbaine etc.

En parallèle, le maire Beaudoin devra composer avec une nouveauté qu'il n'avait pas vu venir: le retour en force de la bicyclette et le besoin pressant d'aménager un réseau cyclable. Ici, la pression n'est pas venue du milieu économique, mais plutôt du milieu «écologique», c'est-à-dire cette tranche de la population concernée par le loisir, le sport et les modes de vie alternatifs.

Un premier pas, timide, sera franchi en août 1974 avec l'aménagement d'une bande cyclable entourant l'extension de Normanville et le nouveau quartier de Saint Jean-Baptiste de Lasalle, soit un circuit de 4,5 kilomètres.

Sur cette lancée, le réseau cyclable ira en augmentant, grâce à la collaboration du ministère des Transports qui offre des subventions aux villes. À l'été 1985, le réseau comptera 27 kilomètres et le maire Beaudoin annoncera la mise en place d'une signalisation routière adaptée, la publication d'une carte vélo ainsi qu'une campagne de promotion pour favoriser la cohabitation entre cyclistes et automobilistes.

Au coeur de ce réseau cyclable, on retrouve un véritable joyau: une piste cyclable de 9 kilomètres dans l'emprise d'une ancienne voie ferrée, entre le parc Fortin et le boulevard Saint-Michel. À l'origine de ce projet, le conseiller municipal Jean-Guy Laferté et les gens des loisirs, ceux de la Ville et ceux de l'Université, qui y trouvaient un double avantage, puisque le tracé traversait leur campus. Ce projet de «parc linéaire» s'est réalisé par étapes sur une période de 15 ans, le dernier tronçon étant inauguré par le maire cycliste Guy Le Blanc en 1994.

Cette année-là, forte de son réseau cyclable et de son parc linéaire, Trois-Rivières grimpera au sommet des deux palmarès de Vélo-Québec: première ville pour le nombre de kilomètres cyclables par habitant et première ville pour le pourcentage de voies cyclables par rapport aux voies carrossables. En fait, la voie du progrès est parfois cyclable.

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