1982: une vraie élection

Pour Gilles Beaudoin, les réélections de 1974 et 1978 avaient été de simples... (les années Beaudoin)

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les années Beaudoin

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Le Nouvelliste

Pour Gilles Beaudoin, les réélections de 1974 et 1978 avaient été de simples formalités. Sans blague: il s'agissait de faire sortir le vote. L'affaire s'annonce plus délicate pour le rendez-vous électoral de novembre 1982.

D'abord, il y a le contexte. Gilles Beaudoin est en poste depuis douze ans. Aucun maire dans l'histoire de Trois-Rivières ne s'est rendu aussi loin. Les électeurs sont-ils prêts à le suivre pour un quatrième mandat?

Ensuite, il y a ce gros nuage qui plane sur la Ville, alors que la Commission de police du Québec est sur le point d'entreprendre des audiences publiques sur la gestion du corps policier de Trois-Rivières. En pleine campagne électorale, tout le Conseil municipal sortant risque de se retrouver sur la défensive...

Enfin, il faut retenir le contexte économique pitoyable, je veux dire cette sévère récession qui affecte tout le pays et en particulier une ville comme Trois-Rivières, où le commerce et l'industrie prennent une grande place.

Mais pour le maire sortant, la principale menace vient de cette candidature surprise qu'il n'avait absolument pas vu venir, celle du député péquiste Denis Vaugeois. Un gros nom qui va forcer Gilles Beaudoin à faire une campagne d'idées et de contenu. L'alerte sera chaude, mais le maire sortant s'en sortira plutôt bien, avec une confortable majorité de plus de 10 000 voix.

Évidemment, dans les coulisses, les organisations libérales et péquistes se sont trouvées mobilisées, au moins en partie. À ce sujet, dans La Presse, l'analyste Jacques Bouchard constate la bonne performance des machines libérales dans des villes comme Longueuil, Sherbrooke, Pointe-aux-Trembles... et Trois-Rivières!

À Trois-Rivières, justement, l'élection a pris une dimension historique. D'abord, on a renoué avec le découpage par quartiers: on en compte douze, dont les contours épousent en gros ceux des paroisses catholiques. Ensuite, parmi les élus de ces douze quartiers, on découvre neuf nouveaux visages. Enfin, grande première, deux dames font leur entrée au Conseil.

Gilles Beaudoin est le premier à reconnaître que «rien ne sera plus pareil». Et il rappelle qu'il entend bien réaliser l'un des principaux engagements de sa campagne électorale, soit de mettre de l'ordre dans le service policier, dès que le rapport de la Commission de police sera connu.

C'est ce qu'il fera en octobre 1983, avec l'embauche du vétéran Gérald Cholette comme directeur de la Sécurité publique, avec mandat de réformer le corps policier. Sur le même élan, le Conseil va nommer Wilson O'Shaughnessy directeur général de la Ville et peu après on ouvrira un poste de responsable des relations publiques, ce qui va faire entrer Trois-Rivières dans l'ère des communications.

Les décisions du nouveau Conseil sont suivies de près par le journaliste Marcel Aubry, qui croit identifier deux étoiles montantes dans le ciel municipal. Dès 1983, il constate qu' «au niveau des performances individuelles, le conseiller Henri-Paul Jobin s'est distingué» et il ajoute plus loin que «le conseiller Guy Le Blanc en est un autre qui n'a pas tardé à faire sa marque... On lui prête des aspirations à conquérir la mairie».

Marcel a visé juste.

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