Les dieux du stade

Gilles Beaudoin n'est pas reconnu comme un grand sportif, ni même comme un... (les années Beaudoin)

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Le Nouvelliste

Gilles Beaudoin n'est pas reconnu comme un grand sportif, ni même comme un grand amateur de sport. Pourtant, il sera en poste alors que Trois-Rivières va vivre ses plus glorieuses années dans le sport. Vraiment, les dieux du stade sont avec lui!

Pour s'en tenir seulement à ses deux premiers mandats (1970-78), le maire verra défiler dans sa ville toute une série de champions et de futurs champions: les Aigles de Jim Snyder, les Draveurs de Michel Bergeron, des coureurs automobiles de calibre international comme Gilles Villeneuve, Alan Jones ou James Hunt, sans oublier quelques étoiles montantes parmi les étudiants-athlètes des Diablos et des Patriotes...

Mais la gloire a un prix. Les pressions sont fortes sur le maire pour que la Ville investisse dans des équipements sportifs qui remontent à l'époque de Maurice Duplessis (1938). L'administration Beaudoin saura relever le défi, mais il lui faudra compter sur une aide extérieure littéralement tombée du ciel.

D'une part, les maisons d'enseignement ont besoin d'équipements sportifs qui vont profiter à toute la communauté. Un pavillon des sports pour l'Université (logé à la Bâtisse industrielle). Une piscine intérieure au Cégep et une autre à l'école secondaire De Lasalle.

Et puis, d'autre part, il y a la finale des Jeux du Québec de l'été 1975. Le maire Beaudoin avait appelé de tous ses voeux ce grand événement qui apporte à la ville-hôtesse à la fois un prestige qui rayonne à la grandeur du Québec et des équipements sportifs qui vont servir à la postérité.

Au départ, organiser les Jeux est une formidable expérience de solidarité et de mobilisation. Ça commence avec le dossier de candidature, qu'il faut aller défendre devant les autorités. Gilles Beaudoin est fier de proclamer que les trois villes voisines sont partantes et ne font qu'une, ce qui fait dire aux observateurs que voici peut-être «un prélude au regroupement»... Ajoutez à cela la contribution du milieu scolaire, où le sport est alors en pleine effervescence. C'est particulièrement vrai à l'Université, où l'une des spécialités est justement la science du loisir.

Tant désirés, ces Jeux du Québec seront un succès d'estime et de participation. Président du comité organisateur, Paul Lacoursière va déposer aux trois maires un bilan positif et vanter particulièrement l'ajout réussi d'un volet culturel, assumé par Jacques Lessard. Les deux hommes, Lacoursière et Lessard, répondront à l'appel du maire Beaudoin quelques années plus tard, quand il s'agira de célébrer les 350 ans de Trois-Rivières.

Mais revenons au sport. Sur la lancée des Jeux du Québec, le maire Beaudoin va viser pour Trois-Rivières rien de moins que les Jeux du Canada. Il sonnera le rappel des troupes, villes voisines et maisons d'enseignement, afin de monter un dossier de candidature pour l'obtention des Jeux d'hiver 1983, dont on sait qu'ils auront lieu au Québec.

Grand dossier. Gros échec. Les Jeux du Canada iront à Chicoutimi et les Bleuets remercieront leur ministre régional, le sénateur Martial Asselin. Pour le maire de Trois-Rivières et son fidèle allié Paul Lacoursière, la déception sera immense et longtemps ressentie.

Ce jour-là, on peut dire que les dieux du stade avaient abandonné Gilles Beaudoin.

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