Les cercles du pouvoir

La garde rapprochée du maire Beaudoin ne loge pas à l'hôtel de ville. Rien... (les années Beaudoin)

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Le Nouvelliste

La garde rapprochée du maire Beaudoin ne loge pas à l'hôtel de ville. Rien d'étonnant: presque tous les maires font comme ça. Gilles Beaudoin cherche des conseils et des appuis dans la communauté, et on peut répartir ces appuis en trois cercles, du plus étroit au plus large.

Il y a d'abord le cercle étroit de la famille, bien sûr. Sa femme. Ses enfants. C'est le cercle le plus solide. Le plus permanent. Le plus fiable.

Deuxième cercle: les hommes de confiance du maire, qui l'accompagnent depuis le temps du Jeune Commerce et de la Chambre sénior. Ils acceptent des postes de grande responsabilité, en marge de l'appareil municipal. Chacun s'engage selon sa spécialité. Jean-Claude Deshaies à l'Office d'habitation. Jean-Paul Lamy au développement économique. Paul Lacoursière aux grands événements. Il y en aura d'autres, aussi, sur une période de vingt ans...

Enfin, le troisième cercle est formé par quelques gros joueurs socio-économiques sur qui le maire compte pour appuyer et faire accepter ses grands projets. Des leaders tels que le président de la Chambre de Commerce, le président-éditeur du Nouvelliste et le recteur de l'Université.

Du côté de la Chambre, pas de problème. C'est de là que sont venus les premiers appuis de Gilles Beaudoin qui s'en rappelle toujours. Voilà pourquoi il entretient des relations suivies avec l'organisme, le loge au manoir de Niverville, lui rend des comptes une fois par année et lui donne même la primeur du budget municipal annuel, lors de sa présentation en conférence de presse.

Le président-éditeur du Nouvelliste est aussi un allié de premier plan. Pour Gilles Beaudoin, le journal régional demeure le média le plus important, là où l'histoire s'inscrit au quotidien. À ce sujet, l'épouse du maire découpe et conserve dans de gros albums tout ce qui se publie sur son mari, principalement dans Le Nouvelliste. Le maire lui-même s'efforce de faire accepter par son conseil le rôle critique des journalistes qui couvrent le conseil, particulièrement lorsqu'un élu déclare publiquement qu' «il faut remettre Le Nouvelliste à sa place», comme c'est déjà arrivé...

Ceci dit, la relation du maire avec les médias sera parfois pénible, surtout en campagne électorale. Ainsi, lors de l'élection de 1986, «il estime que la presse a outrepassé son rôle en lui suggérant de s'en retourner chez lui» et «il trouve difficile que les médias accordent tant d'importance à son âge».

Enfin, troisième joueur du trio, le recteur de l'Université. Un nouveau joueur, bien sûr, arrivé en 1969, mais qui s'est rapidement imposé sur la scène régionale. Considéré comme impartial et non-partisan, il est pour le maire une sorte de caution intellectuelle et morale. Comme l'évêque autrefois, le recteur est invité à donner sa bénédiction à certains grands projets à dimension régionale.

Ce trio de choc, Chambre, Nouvelliste et Université, on le verra à l'oeuvre une dernière fois avant la retraite de Gilles Beaudoin, alors qu'il s'agit d'obtenir un centre de congrès pour Trois-Rivières. La mobilisation portera fruit. Et le centre de congrès comptera un «salon Beaudoin», comme quoi l'histoire ne s'écrit pas seulement dans les médias.

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