L'eau, la neige, les vidanges

Régulièrement, le maire Beaudoin se rend prononcer de beaux discours à la... (les années Beaudoin)

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François Roy
Le Nouvelliste

Régulièrement, le maire Beaudoin se rend prononcer de beaux discours à la Chambre de commerce ou dans les clubs de service. Il est comme le saumon qui remonte vers l'eau de ses origines. Chaque fois, il donne le bilan de son administration et invite son auditoire à endosser les grands projets. Très bien.

Mais Gilles Beaudoin ne doit jamais perdre de vue le «monde ordinaire» des quartiers populaires. C'est sa base électorale et il veut bien la servir. Devenu maire, le marchand de meubles de la rue Champflour peut débarquer chez Madame Soulard de la rue Whitehead, une cliente de longue date, pour lui demander ce que pensent les gens du quartier.

Il échange aussi avec le «monde ordinaire» lors des séances publiques du Conseil ou sur les ondes de la radio, pendant l'émission de ligne ouverte Omnibus. Alors là, on ne parle plus de grands projets, mais de sujets plus terre à terre comme l'eau, la neige et les vidanges.

L'eau de Trois-Rivières est traitée à l'usine de filtration du boulevard des Forges. Elle est chlorée, ce qui lui donne un goût et une odeur. Les gens s'en plaignent. Le maire répond qu'on ne peut pas faire autrement. Il faut desservir 50 000 habitants, plus quelques grandes usines qui consomment autant que des petites villes.

Et puis, il y a la neige. Ah, la neige! Les deux premiers hivers du maire Beaudoin (1970-71 et 71-72) seront parmi les plus neigeux du siècle. On verra le journaliste Marcel Pelletier faire ses reportages en motoneige. Les gens se plaindront encore et le maire devra demander des solutions durables. On mettra en route plus de machinerie et on devra abriter tout ça dans un tout nouveau garage municipal, inauguré en 1974.

Le déneigement restera un grand sujet de préoccupation, en particulier le 29 février 1984. Ce jour-là, les cols bleus de la Ville déclencheront un arrêt de travail le jour d'une tempête de neige. Le maire devra négocier personnellement avec Marcel Auger, président du syndicat.

Et enfin, il y a les vidanges. Comme toutes les villes du Québec, Trois-Rivières se trouve coincée: d'une part, les citoyens veulent un service rapide et peu coûteux; d'autre part, au nom de la qualité de l'environnement, le gouvernement du Québec impose aux Villes de plus en plus d'exigences coûteuses. Finie, l'époque où on «dompait» les déchets à la limite des villes!

Ce qui est vrai pour les ordures ménagères s'applique aussi aux eaux usées que l'on retourne dans la nature. Les Villes devront y voir et ça va coûter cher. Ainsi, en 1985, le maire Beaudoin annonce «l'une des plus importantes décisions dans l'histoire de Trois-Rivières», soit la mise en place d'un réseau d'assainissement des eaux, qui sera administré par une régie intermunicipale et financé à partir d'une taxe spéciale.

Ce n'est qu'un début... L'eau, la neige, les vidanges commanderont toujours plus de dépenses pour les sites d'enfouissement, la cueillette sélective, les étangs d'épuration, la disposition des neiges usées et autres sujets environnementaux. Les Villes n'auront pas le choix de se regrouper.

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