Le rôle de capitale régionale

Est-ce le rôle d'une Ville de financer un hippodrome? Dès juin 1971, à peine... (les années Beaudoin)

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Le Nouvelliste

Est-ce le rôle d'une Ville de financer un hippodrome? Dès juin 1971, à peine sept mois après son entrée en fonctions, le maire Beaudoin pose publiquement la question.

L'affaire fait la manchette, car les courses sous harnais sont une tradition qui remonte à 1829. On ne touche pas à ça! Pour beaucoup de citoyens et d'observateurs, et surtout pour les gens de l'industrie des courses, la question ne se pose pas: comme ville-centre et capitale régionale, Trois-Rivières doit supporter cette activité.

Mais ce n'est pas la seule. Au fil des ans, Trois-Rivières s'est chargée de différentes responsabilités coûteuses, qui profitent à toute la région: un aéroport, une marina, un bureau de tourisme, un commissariat industriel, un centre culturel, une grande salle de spectacles, trois centres communautaires de loisirs, un Colisée et autres plateaux sportifs, sans oublier le Grand-Prix automobile, l'Exposition agricole et l'île Saint-Quentin...

Ce sera l'un des grands combats de Gilles Beaudoin et de son successeur Guy LeBlanc. Comment donner le service au meilleur coût? Comment aller chercher l'aide des gouvernements? Comment obtenir l'adhésion des villes voisines? Comment recruter des partenaires de qualité? Autant de défis toujours à relever.

Au moins à court terme, la solution passe par la délégation de pouvoir. On prend un organisme existant ou on en crée un nouveau qui va prendre en charge telle ou telle responsabilité. En théorie, ces petites structures sont souples et on y retrouve des gens qui ont un intérêt ou une formation dans le domaine concerné. Et puis la Ville reste derrière pour assurer le financement et fournir différents services de soutien.

Par exemple, toujours proche de ses racines, le maire Beaudoin reconduira la Chambre de commerce dans son mandat d'accueil touristique. En 1972, il logera l'organisme et son Bureau de tourisme dans le Manoir de Niverville, propriété de la Ville et récemment restauré. Cette même année, belle réalisation, Trois-Rivières deviendra le port d'attache du navire de croisière M.S. Jacques-Cartier.

Autre exemple: l'île Saint-Quentin. Gilles Beaudoin n'était pas encore maire lorsqu'il militait pour la construction d'un pont, qui sera finalement construit en 1962, ce qui permettra d'accueillir sur l'île des milliers de «villégiateurs». Vingt ans plus tard, l'administration Beaudoin va créer une Corporation pour mettre en valeur ce parc intermunicipal, lui trouver une vocation et lui chercher des sources de financement.

Mais au Conseil municipal, dans les années 70 et 80, il y aura des questionnements, des insatisfactions, des impatiences. Gilles Beaudoin devra vivre avec ça. Régulièrement, les conseillers voudront savoir ce qui se passe dans toutes les corporations et autres organisations mandataires de la Ville. Ils exigeront plus de comptes, plus de bilans, plus de projets. Ils iront parfois jusqu'à demander le rappel des mandats. Et toute cette agitation fera le régal des médias!

Chose certaine, une capitale régionale mérite un maire à temps plein, aussi Gilles Beaudoin va-t-il vendre son magasin de meubles, en octobre 1977. On pourra le voir à son bureau tous les jours, pour 15 483 $ par année. Il faut vraiment avoir la vocation.

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