1971: une question d'image

En juin 1971, la section «économie et finance» du journal La Presse s'intéresse... (les années Beaudoin)

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les années Beaudoin

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François Roy
Le Nouvelliste

En juin 1971, la section «économie et finance» du journal La Presse s'intéresse à Trois-Rivières. Le journaliste parle d'«un nouveau départ» pour la ville du maire Beaudoin, désormais reconnue comme capitale régionale et ville universitaire.

La Presse souligne l'ouverture prochaine du centre commercial Les Rivières et des Galeries du Cap, deux très gros investissements. Le journal prédit une hausse démographique pour l'agglomération trifluvienne (mais pas nécessairement pour la ville elle-même).

Il plaint le directeur de l'Urbanisme de la Ville, véritablement débordé avec «sur son bureau 2000 demandes de permis de construire», dont plusieurs concernent les nouvelles rues domiciliaires présentement en chantier derrière le centre commercial Les Rivières.... Heureux problème!

Cet article «positif» dans un média national rejoint une grande préoccupation de Gilles Beaudoin. Le nouveau maire veut en effet s'attaquer à la mauvaise image de Trois-Rivières, perçue comme une vieille ville industrielle sur son déclin.

Lors de son discours de nouvel élu, il avait invité ses concitoyens à «cesser de critiquer et de dire que Trois-Rivières est une ville morte». Il avait ajouté «le temps est maintenant venu d'aller dire à l'extérieur ce que nous avons à Trois-Rivières». Cette préoccupation, Gilles Beaudoin l'aura pendant toute sa longue carrière de maire et il sera toujours sensible à l'image qu'on se fait de sa ville, qui reste pour lui «la meilleure au Québec».

Six mois après l'article de La Presse sur le «nouveau départ» de Trois-Rivières, une autre bonne nouvelle va faire la manchette au plan national. En décembre 1971, le maire Gilles Beaudoin part pour Ottawa avec une immense fierté. Comme le proclament les médias, «Trois-Rivières reçoit un prix national pour la première fois de son histoire». Il s'agit de l'un des douze prix nationaux en aménagement urbain, remis par la Fondation Vincent-Massey et le Conseil des arts du Canada.

Parmi les gagnants, le jury a retenu l'aménagement de la Place de l'hôtel de ville, un projet de 5 millions de dollars initié en 1965. Comprenez que c'est plus que l'hôtel de ville lui-même: on parle du centre culturel, de la bibliothèque, du parking souterrain et des espaces publics en verdure ou en béton, selon les endroits. La reconnaissance nationale de ce grand projet immobilier ne pouvait mieux tomber, puisque le maire veut sérieusement revitaliser son centre-ville, rendu encore plus fragile depuis l'ouverture des centres commerciaux périphériques.

Pour Gilles Beaudoin, en poste depuis un an à peine, c'est là un honneur à partager. Comme le précise Le Nouvelliste, «trois conseils municipaux ont oeuvré à cette tâche». On va donc rappeler la contribution de l'ex-maire Gérard Dufresne, initiateur du projet, et de son successeur récemment décédé, l'ex-maire René Matteau. On soulignera aussi l'apport des architectes, ingénieurs et fonctionnaires, dont le directeur municipal de l'Urbanisme, André Laneuville.

Cette marque de reconnaissance fera du bien au moral des Trifluviens, d'autant plus qu'elle sera largement publicisée d'un océan à l'autre, jusque dans l'édition canadienne du prestigieux magazine américain Time. Mais le plus heureux des Trifluviens, c'est le maire en personne.

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