Dans la grande famille municipale

Après son élection triomphale, Gilles Beaudoin entre dans un hôtel de ville... (les années Beaudoin)

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les années Beaudoin

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Le Nouvelliste

Après son élection triomphale, Gilles Beaudoin entre dans un hôtel de ville tout neuf, à l'architecture audacieuse. Par contraste, dans cet édifice ultra-moderne, on retrouve une fonction publique qui tient plutôt du monument historique.

Elle est en place depuis 125 ans et il n'est pas rare d'y rencontrer des fonctionnaires cumulant jusqu'à quarante ans et plus d'ancienneté. Cols blancs, cols bleus ou policiers, ces employés sont syndiqués, mais pas encore très militants. Ça viendra.

Respectueux du pouvoir politique, ils savent que les élus prennent une grande place dans l'embauche du personnel, la promotion des uns, la démotion ou le congédiement des autres. Dans les hôtels de ville, ça s'est toujours passé comme ça, mais c'est plus difficile maintenant.

C'est d'ailleurs un sujet de préoccupation des nouveaux élus: leur pouvoir serait-il en train de passer entre les mains des hauts fonctionnaires? Y aurait-il trop de règlements, de lois, de procédures? Le directeur général prendrait-il trop de place? La question s'est posée pendant la campagne électorale et Le Nouvelliste en éditorial va y revenir après l'entrée en fonctions du maire Beaudoin.

Quoi qu'il en soit, la nouvelle administration va recevoir un témoignage de fidélité de la part des 400 employés de la Ville, lors du traditionnel party de Noël. Les membres du Conseil et le directeur général accepteront les voeux de Guy Larivière, président du syndicat des fonctionnaires, qui parle au nom de tous les employés.

Quant à savoir quel genre de gestion va pratiquer le nouveau maire, on peut déjà se faire une idée à partir de ses antécédents. Gilles Beaudoin est un homme de famille. Il gère déjà une entreprise familiale fondée par son grand-père.

Il a lui-même une épouse et cinq enfants dont il est très proche. Formé à l'école du scoutisme, il sort du circuit des Chambres de commerce où il a développé un réseau d'amitiés fraternelles comme dans une grande famille. Il aime les gens et leur fait confiance jusqu'à avis contraire. Bref, sa gestion ne pourra être autrement que paternaliste.

Et puis il y a la question des relations avec le gouvernement du jeune premier ministre Robert Bourassa. Pas de problème: Gilles Beaudoin est reconnu d'allégeance libérale, même s'il est très modéré et plutôt discret. Il aura ses entrées à Québec, à travers le député local Guy Bacon et plus tard à travers sa soeur Lise Bacon, qui sera un jour vice-première ministre et qui restera toujours une amie de Gilles Beaudoin.

Finalement, au plan des finances publiques, Le Nouvelliste se fait le porte parole du milieu pour demander au nouveau maire de «mettre fin à l'austérité» afin de favoriser la relance de la Ville dans tous les domaines. Message compris: le premier budget Beaudoin prévoit de nouvelles dépenses d'immobilisations, pendant que le taux de la taxe foncière fait un bond, passant de 1,25 $ à 1,60 $ du 100 $ d'évaluation.

Bien sûr, augmenter les dépenses favorise le développement, mais augmenter les taxes favorise l'exode vers la banlieue... Nous voici devant ce qui est à la fois un programme audacieux et un jeu dangereux.

(À suivre)

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