1970: le balayage Beaudoin

Un scrutin municipal est appelé pour le dimanche, premier novembre 1970. À... (les années Beaudoin)

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François Roy
Le Nouvelliste

Un scrutin municipal est appelé pour le dimanche, premier novembre 1970. À Trois-Rivières, Gilles Beaudoin et trois autres candidats sont sur les rangs pour la mairie, de même que 29 candidats (dont une dame) pour les huit postes de conseillers.

Ce sera une campagne d'un nouveau genre. Les candidats ne vont pas se contenter de faire la sortie des usines et la tournée des clubs de services. Ils seront appelés à l'université, pour débattre devant public. Ils seront suivis par la télévision et même la radio va s'en mêler, puisque Trois-Rivières a désormais son émission de ligne ouverte, appelée Omnibus 550, qui relance les candidats.

Les gens d'affaires restent discrets, mais on les sent derrière le candidat Beaudoin. Le peuple suivra-t-il?

Eh bien oui, il va suivre. L'élection à la mairie se terminera par un véritable balayage. Alors que le taux de participation frôlera les 60 %, le candidat Beaudoin sera élu avec 12 987 votes, sur un total de 18 652 suffrages exprimés. Il affichera une majorité de près de 10 000 voix sur son plus proche rival, le vieux guerrier Joseph-Alfred Mongrain, pour qui ce sera le dernier combat: un mois après l'élection municipale, le légendaire «J.A.» va mourir et sera exposé à l'hôtel de ville. Il cumulait plus de vingt ans de vie politique.

Le soir du «triomphe», la bâtisse industrielle du Terrain de l'exposition est envahie par des centaines de supporters et de curieux venus acclamer le gagnant. La surveillance policière est resserrée: on raconte que le Front de libération du Québec aurait menacé de se manifester.

Les jours suivants, dans Le Nouvelliste, le chroniqueur Fernand Gagnon présentera le nouveau conseil comme «un heureux mélange d'expérience, de compétence, de dynamisme et de jeunesse». Il ajoute: «Le temps presse. Les contribuables veulent de l'action, des décisions sérieuses et des réalisations profitables». À l'hôtel de ville, on peut aussi dire que «la table est mise», puisqu'un nouveau directeur général, Jacques Charrette, a été désigné par l'ancien conseil avant même la fin de son terme.

Bref, les observateurs espèrent un renouveau dans la capitale de la Mauricie. Mais le phénomène est régional. Les maires sortants de Shawinigan et Trois-Rivières-Ouest ont été battus et un nouveau maire a été élu à Grand-Mère. Gilles Beaudoin compte de nouveaux voisins en la personne de Dominique Grenier, Robert-Louis Gouin et Jean-Marie Lafontaine.

Dès la mi-novembre, ce groupe de maires fraîchement élus va se réunir pour souligner l'accession du maire de Cap-de-la-Madeleine à la présidence de l'Union des municipalités du Québec. J. Réal Desrosiers fait d'ailleurs figure de vétéran dans sa région, puisqu'il est en poste depuis 1960.

Pour Gilles Beaudoin, le maire Desrosiers est non seulement un voisin, mais c'est aussi un ami. Les deux hommes ont suivi le même parcours vers le pouvoir, soit la filière des clubs de services et des chambres de commerce. Ils sont déjà des alliés et le resteront jusqu'à la fin.

Pour l'esprit régional, c'était bon de savoir que les deux villes-soeurs avaient des maires-frères.

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