Une jeunesse trifluvienne

Gilles Beaudoin est né le 12 octobre 1919, dans le deuxième cercle de la... (les années Beaudoin)

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les années Beaudoin

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Le Nouvelliste

Gilles Beaudoin est né le 12 octobre 1919, dans le deuxième cercle de la bourgeoisie trifuvienne.

Entendons-nous: le premier cercle, c'est celui des vieilles familles de professionnels regroupées autour de ces institutions que sont l'évêché, l'hôtel de ville, le séminaire et le palais de justice.

Vous avez reconnu les Bureau et les Lajoie, les Normand et les Duplessis, les Godin et les Panneton... Ils sont voisins, se marient entre eux et tâtent souvent de la politique.

Le deuxième cercle, c'est autre chose. Ce sont des entrepreneurs et des commerçants en ascension, qui préfèrent l'influence au pouvoir. Ils brassent des affaires sur les rues commerciales, autour du port et de la gare. Ils siègent à la Chambre de commerce ou à la Commission du havre. Ils opèrent des commerces qui portent leurs noms et qui vont parfois traverser le temps, comme Pierre-Avila Gouin ou Pierre-Victor Ayotte...

Sans oublier les Beaudoin, père et fils.

Le père s'appelle Joseph-Narcisse et le fils, Henri. Ils sont doués pour le commerce et savent évoluer avec le marché. Dans la machinerie agricole d'abord, en visant évidemment une clientèle rurale, puis avec l'urbanisation, dans les poêles et le mobilier de maison.

La raison sociale

«J.N.Beaudoin» va s'imposer à partir de 1915 et fera longtemps partie du paysage commercial trifluvien.

Il reviendra un jour au jeune Gilles de prendre la relève de cette entreprise familiale, mais pour commencer il faut bien s'instruire.

Ce sera d'abord au Jardin de l'enfance, un établissement tenu par les Filles de Jésus, ces «soeurs françaises» arrivées au début du siècle, précédées d'une solide réputation d'enseignantes. Puis ce sera le Séminaire Saint-Joseph, mais pas trop longtemps: ce n'est pas vraiment là qu'on se prépare au commerce. Ce sera enfin l'école St.Patrick, un établissement catholique anglais, donc acceptable pour le clergé et idéal pour prendre la mesure du continent nord-américain. Parce que le grand commerce est d'abord une affaire d'anglophones. Les manufacturiers communiquent en anglais et les détaillants affichent en anglais.

Nos amis anglais nous ont aussi exporté une nouveauté qui fera le bonheur de Gilles Beaudoin: le scoutisme. À partir de sa base en Angleterre, le mouvement s'est développé à travers le monde et a pris des couleurs locales.

Chez nous, encadré par le clergé, le scoutisme est devenu «diocésain».

Pour les jeunes de la génération de Gilles Beaudoin, il s'agit d'une véritable école de vie et d'une initiation au monde adulte. Gilles Beaudoin franchira d'ailleurs tous les échelons de l'organisation jusqu'à devenir «commissaire diocésain» à l'âge de 22 ans.

Les scouts de Trois-Rivières sont très actifs dans leur milieu, faisant des expéditions à l'île Saint-Quentin ou aux Forges du Saint-Maurice, deux endroits remarquables mais sans intérêt pour les autorités locales. Les scouts trifluviens participent aussi aux fameuses fêtes du Tricentenaire de Trois-Rivières, en 1934.

Notez bien ces lieux et ces activités: ils trouveront un puissant écho dans la future carrière politique de Gilles Beaudoin, comme nous allons le voir. S'il est vrai que dans chaque adulte se cache un enfant, alors dans Gilles Beaudoin, on trouvera un scout.

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