1955: l'antichambre du pouvoir

Gilles Beaudoin épouse Dolorès Blais le 10 juillet 1943. Le couple aura cinq... (les années Beaudoin)

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Le Nouvelliste

Gilles Beaudoin épouse Dolorès Blais le 10 juillet 1943. Le couple aura cinq enfants et c'est là, en famille, qu'il prendra conseil tout au long de sa vie publique qui, d'une certaine façon, commence en 1955.

Cette année-là, Gilles Beaudoin devient président-directeur général du magasin J.N.Beaudoin Ltée, fondé par son grand-père 40 ans plus tôt. C'est aussi en 1955 qu'il accède à la présidence du Jeune Commerce de Trois-Rivières, succédant au notaire Gilles-Guy Garceau.

Depuis 1934, le Jeune Commerce regroupe des hommes d'affaires et des professionnels de moins de 40 ans, qui habituellement se préparent à faire le saut vers la vénérable Chambre de commerce «sénior».

Dûment assermentés par le maire Léo Le Blanc et répartis dans une douzaine de comités, les membres de la nouvelle équipe peuvent maintenant animer la vie trifluvienne en organisant des galas, des défilés, des concours ou des campagnes publicitaires. Mais surtout, ils veulent donner leur opinion sur les grands sujets de l'heure et leurs préoccupations rejoignent habituellement celles de la Chambre sénior.

Ils réclament par exemple la tenue d'une enquête sur la police de Trois-Rivières, qui ne semble plus avoir la confiance de la population. Ils demandent aussi la construction d'un pont sur le Saint-Laurent. À ce sujet, ils invitent à leur tribune le conférencier Frank Spénard, membre de la Chambre sénior et porte-parole de la campagne «Le pont, il nous le faut et nous l'aurons!». Ils croient aussi que le temps est venu pour leur Ville de se doter d'un plan d'urbanisme et accueillent comme conférencier le jeune urbaniste Benoît Bégin.

Ils rêvent d'un aéroport régional, un projet piloté par l'ancien aviateur André O. Dumas, et une délégation se rend à Dorval pour visiter l'aéroport. Ils rêvent d'un pont qui donnerait accès à l'île Saint-Quentin, pour que le Trois-Rivières des ruelles et des balcons puisse s'inventer une «petite Floride».

Ils rêvent d'une «voie de ceinture», au-delà du boulevard des Récollets: ce devrait être le boulevard Des Chenaux, qui s'arrête à la rue Lajoie, mais qui pourrait bien grimper le Cap-aux-Corneilles avant de courber plus haut pour aller rejoindre le boulevard des Forges.

Mais pour le moment, le Cap-aux-Corneilles est fréquenté par des skieurs qui demandent la reconstruction du fameux tremplin pour le saut à ski. Le Jeune Commerce va faire campagne pour ce projet-là, en organisant un souper-conférence en l'honneur du champion sauteur Jacques Charland.

Le conférencier est nul autre que le fameux annonceur sportif Michel Normandin, commandité par la brasserie Dow. La couverture de presse est assurée par les journalistes Marcel Boisvert et Armand Martel, car le Jeune Commerce s'assure toujours d'une bonne visibilité dans les médias.

Évidemment dans tous ces dossiers, il faut mettre de la pression sur les politiciens, mais pas trop, quand même... Bien que leurs membres soient souvent de farouches partisans, la Chambre sénior et le Jeune Commerce sont officiellement «apolitiques». Ils ont choisi l'influence plutôt que le pouvoir. Mais pour certains d'entre eux, comme Gilles Beaudoin, la Chambre et la Jeune Chambre, c'est l'antichambre du pouvoir.

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