Le gâchis irakien

Le 1er mai 2003, deux mois après le...

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Le 1er mai 2003, deux mois après le début de la guerre en Irak, le président Bush proclamait: «Mission accomplie». Toutefois, non seulement les troupes étatsuniennes sont aujourd'hui toujours présentes dans ce pays, mais leur intervention est directement responsable de la création et des succès actuels de l'État islamique.

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Texte sur l'actualité internationale du Comité de solidarité de Trois-Rivières. »

COMITÉ DE SOLIDARITÉ/TROIS-RIVIÈRES
Le Nouvelliste

(Collaboration spéciale) En 2003, le secrétaire d'État américain Colin Powell prononçait un discours aux Nations Unies pour dénoncer l'Irak qui, affirmait-il, possédait des armes de destruction massive.

C'est sur la base de ces mensonges que le président Bush déclarait une «guerre préventive» contre Saddam Hussein. Powell a affirmé ensuite avoir été dupé. «Je croyais à ce que je disais... Je ne faisais que transmettre ce que les seize agences de renseignement disaient.» Cette guerre a provoqué plus d'un million de morts et a laissé un pays en ruine.Par la suite, en soutenant le gouvernement de Bagdad où les sunnites n'étaient pas représentés, les États-Unis et la coalition ont laissé s'installer de fortes tensions entre chiites et sunnites et une pauvreté désespérante. Les Américains ont armé et entraîné l'État islamique et leurs alliés contre la guérilla irakienne à Falloujah et contre la Syrie. 79 % des armes remises aux gouvernements du Moyen-Orient proviennent des États-Unis, sans compter celles fournies à l'État islamique ou autres groupes semblables. L'État islamique en Irak et au Levant contrôle aujourd'hui près du tiers du pays à l'ouest.

Maintenant, pour faire face à l'État islamique, l'armée américaine et ses alliés sont retournés en Irak pour larguer des bombes de 250 kilos sur les positions de l'ennemi, avouant par la même occasion que cela ne suffira pas à le détruire; il faudra les affronter sur le terrain. On apprend que le Canada a des troupes au sol qui ont participé à des affrontements en «légitime défense». La congressiste de la Californie, Barbara Lee, la seule qui s'était opposée à la déclaration de guerre de Bush contre le terrorisme, se refuse à donner un autre chèque en blanc à l'administration Obama pour poursuivre cette guerre interminable. D'après les experts en sécurité nationale, il n'existe pas de solution militaire pour résoudre le conflit avec l'État islamique. Pour l'affaiblir et le démanteler, dit-elle, «il faut une stratégie politique, économique et diplomatique régionale robuste».

«Nous avons aussi besoin de mieux comprendre le phénomène de l'État islamique. N'oublions pas que ces combattants reviennent de loin. Plusieurs ont été maltraités par la cruauté de Saddam Hussein, par nos sanctions économiques, par l'invasion de nos armées et l'occupation de leur pays. Les bombardements de Saddam autrefois, et les nôtres actuellement qui détruisent les villes et tuent des civils ont fait perdre à ces gens la foi en la justice. Ils sont engagés dans une lutte de destruction qui n'a rien à voir avec la religion.» Robert Fisk, correspondant au Moyen-Orient pour The Independent écrit: «Maintenant, on a affaire à une forme exclusive de nihilisme, un culte aussi impitoyable que morbide. Et on bombarde, on bombarde et on bombarde sans cesse. Et après?»

Ils sont aujourd'hui de plus en plus nombreux ceux et celles qui croient que la solution militaire a clairement montré ses limites en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie notamment. Le «remède» appliqué à l'Irak en 2003, s'est avéré bien pire que la maladie et a causé un inextricable gâchis. Un gâchis qui s'étend maintenant à d'autres pays.

Pour en savoir plus

> www.cs3r.org

Comité de solidarité Trois-Rivières

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