Austérité: le réalisme grec

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Le nouveau premier ministre Alexis Tsipras a promis de mettre fin à cinq années d'austérité en Grèce.

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Texte sur l'actualité internationale du Comité de solidarité de Trois-Rivières. »

COMITÉ DE SOLIDARITÉ/TROIS-RIVIÈRES
Le Nouvelliste

(Collaboration spéciale) Les élections du 25 janvier en Grèce, ont confirmé la victoire du parti Syriza, farouchement opposé aux mesures d'austérité qui ont frappé très durement les plus pauvres et les classes moyennes du pays, au point de créer une très grave crise sociale et sanitaire. Les Grecs ont donc «remercié» les élites politiques traditionnelles et voudraient maintenant essayer autre chose. Mais pourquoi? Voyons cela de plus près!

Pourquoi l'austérité en Grèce

Après la crise de 2008, dont on a établi la principale responsabilité aux «manoeuvres douteuses» des élites politiques et économiques grecques avec la complicité des grandes banques internationales, notamment Goldman Sachs, la Grèce a été dans l'obligation de réclamer l'aide de ses voisins européens pour éviter la banqueroute. Les conditions draconiennes posées par la Banque centrale européenne et le FMI en échange de leur aide se sont traduites par des diminutions drastiques des retraites et des salaires, des pertes d'emplois massives, et par la privatisation de services publics. Alors qu'on avait promis aux Grecs un retour prochain à la croissance économique et à des conditions de vie meilleures, c'est tout le contraire qui s'est passé.

Quand l'austérité tue

Loin de relancer l'économie et de régler le problème de la dette, les exigences d'austérité ont provoqué une détresse sociale sans précédent et mené les Grecs au bord du désastre. Agnès Gruda de La Presse, rapportait le 27 janvier dernier «qu'au lieu de baisser, la dette a augmenté et représente aujourd'hui 174 % du PIB, contre 109 % en 2008! Les salaires et les pensions de retraite ont été coupés d'environ 30 %. Le taux de chômage a explosé, passant de 7,8 à 26,4 % (60 % chez les jeunes)». 250 000 PME ont disparu, et 90 % des chômeurs n'ont droit à aucune prestation d'aide. Les taux de mortalité infantile et de suicide ont augmenté chacun de 40 %. Un tiers des Grecs n'ont plus accès à des soins de santé. En somme, en plus de tuer l'économie, les politiques d'austérité ont accru le taux de mortalité des Grecs eux-mêmes.

Que veut faire Syriza?

Nullement extrême, le programme de Syriza est plutôt qualifié de réaliste par plusieurs experts. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à affirmer que l'austérité a échoué et qu'il faut plutôt miser maintenant sur une politique de croissance. Pour Paul Krugman, prix Nobel d'économie et chroniqueur du prestigieux New York Times, «le chef de Syriza fait preuve de réalisme, contrairement aux partisans de l'austérité, dont les projections n'ont aucun sens». Essentiellement, ce que veut Syriza, c'est renégocier une dette considérée par plusieurs comme illégitime et étaler les remboursements prévus. Cela permettrait de hausser le salaire minimum, d'offrir des soins de santé minimum, et surtout d'investir dans les infrastructures créatrices d'emplois. Des mesures qui sortiraient plus d'un million de Grecs de l'extrême pauvreté et seraient financées par un effort fiscal des grandes fortunes et une lutte vigoureuse contre l'évasion fiscale dont profitent allègrement les élites économiques du pays.

Pour en savoir plus

www.cs3r.org

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