Sur la trace des terroristes

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Des vigiles ont eu lieu partout dans le monde, ici à Marseille, pour les victimes des attaques du 13 novembre à Paris.

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Pauline Talagrand, Nicolas Gaudichet
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Paris

L'enquête sur les attentats de Paris vendredi, qui ont fait 129 morts selon un bilan provisoire, se partage entre la France et la Belgique où vivaient une partie des kamikazes présumés. Les investigations ont déjà permis de mettre un nom sur trois des sept kamikazes.

Outre un premier assaillant identifié dès samedi, «deux nouveaux terroristes (...) ont aujourd'hui été formellement identifiés», grâce à leurs «empreintes papillaires», a annoncé le parquet. Tous deux, résidant en Belgique, sont de nationalité française.

Parmi les nombreux actes d'enquête, une perquisition, dont le résultat n'était pas connu dans la nuit, a été menée dimanche soir à Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a évoqué dimanche, à la suite d'une rencontre avec son homologue belge, des attentats «préparés à l'étranger», ayant «mobilisé une équipe d'acteurs situés sur le territoire belge et qui ont pu bénéficier (...) de complicités en France». Sept personnes au total ont été interpellées en Belgique.

«Individu dangereux»

Parmi les deux nouveaux kamikazes identifiés, l'un, Bilal Hadfi, 30 ans, est un des trois qui se sont fait sauter au Stade de France. L'autre, Brahim Abdeslam, 31 ans, s'est fait exploser boulevard Voltaire, sans faire de victimes.

Ce dernier fait partie d'une fratrie sur laquelle se concentrent les enquêteurs: un de ses frères, Mohamed, a été placé en garde à vue en Belgique. Les services antiterroristes sont sans nouvelle d'un troisième, Salah, qui pourrait être lui aussi un des kamikazes ou en fuite, selon des sources proches du dossier. La justice belge a émis un mandat d'arrêt international et la police française a lancé un appel à témoin à l'encontre de cet «individu dangereux».

Salah a été identifié comme ayant loué une Polo noire immatriculée en Belgique et retrouvée garée devant le Bataclan, où s'est déroulée une prise d'otage sanglante menée par trois kamikazes, avec au moins 89 morts.

Brahim a de son côté loué une Seat noire, également immatriculée en Belgique et retrouvée à Montreuil, en proche banlieue parisienne, avec à son bord trois kalachnikov, 11 chargeurs vides et 5 pleins.

L'identité d'un premier kamikaze avait déjà été rendue publique: un Français de 29 ans, Omar Ismaïl Mostefaï, qui a participé à l'attaque du Bataclan. Né à Courcouronnes (Essonne), il était fiché pour sa radicalisation islamiste, mais n'avait «jamais été impliqué» dans un dossier terroriste, selon le procureur de Paris François Molins.

Il fréquentait la mosquée de Lucé, près de Chartres (Eure-et-Loir), selon une source proche de l'enquête. Le président de cette mosquée a assuré qu'il ne le «connaissait pas». «Il s'est radicalisé à Chartres», où la police l'a «repéré» en 2010, a dit le maire de la ville Jean-Pierre Gorges.

Condamné pour des délits de droit commun, mais jamais emprisonné, il a été identifié par ses empreintes, grâce à un doigt sectionné retrouvé au Bataclan.

Sept membres de son entourage familial ont été placés en garde à vue.

Passeport syrien

Les enquêteurs ont par ailleurs trouvé, près du corps d'un des kamikazes du Stade de France, un passeport syrien, au nom d'Ahmad alMohammad, 25 ans, un migrant enregistré en Grèce, selon Athènes. Mais selon une source française, il n'est pas établi que le titulaire du passeport figurait parmi les kamikazes. Une autre source évoque l'hypothèse d'un faux passeport.

Deux jours après les attentats, les Français prenaient peu à peu connaissance du nom de ceux qui ont été tués. «Il y a 103 corps identifiés», a annoncé dimanche matin le Premier ministre Manuel Valls.

La police a demandé de ne pas diffuser d'images des scènes des attentats, «par respect pour les victimes et leurs familles», après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une photo qui aurait été prise au Bataclan, montrant une trentaine de corps ensanglantés.

Hollande reçoit la classe politique

Manuel Valls, qui s'est rendu dimanche auprès de familles de victimes et des forces de l'ordre, a défendu une «union sacrée» et tendu une main à l'opposition, assurant que l'exécutif serait «très attentif» à ses propositions. Main saisie par Marine Le Pen à l'issue d'une rencontre à l'Élysée, qui a toutefois demandé des «décisions fermes».

Elle a été reçue, comme les autres chefs de parti, les présidents de l'Assemblée et du Sénat, par François Hollande.

Premier à être reçu, Nicolas Sarkozy a demandé «des modifications drastiques de notre politique de sécurité», avec bracelets électroniques et mise en résidence surveillée pour toutes les personnes fichées comme radicalisées, ainsi qu'une «nouvelle politique de l'immigration» au niveau européen.

Dimanche, premier des trois jours de deuil national, a été placée sous le signe du recueillement. Les cathédrales ont sonné le glas, une messe a eu lieu à Notre-Dame, ainsi que des prières à la Grande synagogue de la Victoire à Paris.

Ces cérémonies, comme l'atmosphère dans Paris, réveillent le douloureux souvenir des attaques contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts en janvier.

Dimanche, les alentours du Bataclan étaient toujours bouclés. Une foule nombreuse s'est recueillie devant les sites touchés. Quelque 3000 personnes se sont réunies place de la République, malgré l'interdiction de rassemblement. En début de soirée, des rumeurs de tirs y ont provoqué un mouvement de panique.

Les témoignages de solidarité se sont poursuivis dans le monde entier, avec manifestations ou monuments illuminés aux couleurs de la France.

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