Frédéric Dion sur le chemin du retour

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Frédéric Dion peut maintenant dire qu'il est la première personne à avoir atteint le pôle sud d'inaccessibilité, au centre de l'Antarctique, en solitaire. Il a complété son défi samedi.

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une douche dans une chambre d'hôtel n'aura jamais été aussi appréciée, et un yogourt sur une tablette d'épicerie n'aura jamais été aussi alléchant. Lundi matin, après 54 jours de traversée de l'Antarctique en solitaire, Frédéric Dion se délectait du «retour à la civilisation», au lendemain de son arrivée à Punta Arenas, au sud du Chili. L'aventurier trifluvien a conclu sa mission samedi, devenant entre autres la première personne à rejoindre le pôle sud d'inaccessibilité, au centre de l'Antarctique, en solo.

L'aventurier confie avoir hâte de se faire chauffer... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 1.0

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L'aventurier confie avoir hâte de se faire chauffer les pieds devant son poêle bien chaud, à son retour à sa maison de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Cette photo le montre devant l'âtre en janvier 2014.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

«Il n'y a pas de mot assez fort pour décrire ce que je ressens. Il y a l'atteinte de l'objectif, oui, mais il y a aussi le plaisir de redécouvrir la vie, le retour à la civilisation! Prendre une douche, manger au restaurant, voir du monde, voir des arbres et des fleurs...», énumérait Frédéric Dion lundi matin, de sa chambre d'hôtel de Punta Arenas. «On m'a prêté des vêtements, parce que je n'avais que des vêtements de ski. Je devrai aller m'en acheter!», ajoutait-il en décrivant autant ses émotions que ses préoccupations plus terre à terre.

Rappelons que l'aventurier avait entrepris sa traversée de l'Antarctique en skis à traction, avec un cerf-volant, le 10 novembre dernier à la base russe Novolazarevskaya. Il devenait le premier homme à atteindre le pôle d'inaccessibilité, soit le centre de l'Antarctique, le 15 décembre, et il a rejoint le pôle sud géographique le 24. Le Trifluvien de 37 ans a foulé son point d'arrivée ultime, Hercules Inlet, ce samedi 3 janvier.

Frédéric Dion est particulièrement fier du dernier sprint de 627 km qu'il a réalisé en 24 heures et 53 minutes dans des vents atteignant la centaine de km/h. «J'ai fait 25 heures de ski! J'ai triplé mon record de distance en faisant 627 km», indique-t-il en parlant de la toute dernière étape de son aventure.

Son exploit global peut être décliné en trois «premières mondiales», soit celles d'être le pionnier de l'atteinte du pôle sud d'inaccessibilité en solitaire (en 36 jours), d'être le premier à atteindre le pôle sud géographique en solo (neuf jours plus tard), et le premier à traverser l'Antarctique en solitaire par le pôle sud d'inaccessibilité (en 54 jours et six heures).

Il a été accueilli au camp de l'organisation en soutien logistique Antarctic Logistics and Expeditions LLC samedi, toujours sur le continent de glace, avant de s'envoler vers le Chili dimanche. Avant son retour à Trois-Rivières, il doit trouver un moyen d'envoyer en Afrique du Sud le traîneau qui lui fut prêté lorsque le sien s'est brisé après quelques jours d'aventure. Il doit aussi faire les démarches pour rapatrier son équipement au Québec via Santiago et s'occuper de ses propres billets d'avion.

Le père de famille ignore quand précisément il pourra embrasser son épouse et étreindre ses deux fillettes. «Dans une semaine peut-être», estime-t-il. Après avoir renoué avec sa famille, quelle serait la première chose qu'il ferait en arrivant chez lui, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel? «J'aimerais bien m'asseoir les pieds sur la bavette du poêle bien chaud avec un petit verre de vin...» 

Et qu'a-t-il hâte de manger, après plus de sept semaines d'une diète pour le moins primaire dans la variété et rationnée dans les portions? Non, Frédéric Dion ne rêve pas d'une généreuse poutine ou d'un bon spaghetti... «Tout à l'heure, à l'épicerie, j'ai vraiment fixé le yogourt! Et l'allée des fruits et légumes... Il va falloir que j'y retourne, je ne savais pas quoi prendre!», racontait-il lundi matin, de Punta Arenas.

Les privations et le froid ne sont pas ce que Frédéric Dion identifie comme l'élément le plus rude de son épopée. «Le moment le plus difficile a été quand j'ai manqué de vents favorables pendant neuf jours, à 98 km du pôle d'inaccessibilité. Ne pas pouvoir avancer a été le plus difficile. Il se crée un doute à ce moment, et tu es tout seul, tu ne peux pas en parler.

«Le plus beau moment, je l'ai vécu la toute dernière journée. Les 12 premières heures ont été les plus difficiles à cause des bosses, mais tout le reste du parcours, le décor changeait, je voyais des montagnes... J'avais rêvé de cette journée depuis le début de l'aventure», conclut l'aventurier qui partagera son expérience par le biais de conférences à compter de février.

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