Y fait frette!

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Le Nouvelliste

NDLR: L'aventurier Frédéric Dion souhaite atteindre le centre de l'Antarctique en solitaire à l'aide de cerfs-volants à traction. Ce trajet de 1850 km à travers le continent de glace devrait permettre à l'aventurier de Notre-Dame-du-Mont-Carmel d'être le premier homme à atteindre en solitaire le «Pôle Sud d'inaccessibilité».

Y fait frette! Il doit faire 15 degrés sous zéro dans ma tente et les températures sont d'environ - 47 degrés Celsius à l'extérieur, selon MétéoMédia, J'approche du plateau glaciaire qui est à 4000 mètres d'altitude. Je suis présentement à 3800 mètres. Il fait tellement froid, que si je suis dehors, je dois bouger. Si je ne le fais pas, je gèle sur place. Je me suis habitué à des températures froides, mais pas de cette intensité. Ça fait quelques jours que je ne peux plus être dehors uniquement à contempler le paysage, tant le froid est mordant et agressif.

Il fait froid et il n'y a pas de vent. Il est tellement absent que je n'arrive pas à avancer depuis trois jours. J'ai progressé à ski, mais c'est extrêmement difficile. Je suis sur un faux plat avec des roches, j'ai 100 kilos de matériel à tirer, je suis en altitude, donc il y a moins d'oxygène, et en plus, le froid rend la neige très abrasive. C'est un peu comme si je skiais sur du papier sablé. J'ai fait cinq heures de ski lundi et je n'ai fait que dix kilomètres. Je changerais n'importe quand ce dix kilomètres de ski pour un marathon couru en 3 h 30. Normalement dix kilomètres de ski c'est plutôt facile, mais pas là. C'est extrêmement difficile. Je ne suis qu'à 83 kilomètres de mon objectif, mais je ne peux avancer. J'ai fait seulement 15 km en quatre jours. Et là, les vents sont difficiles à prévoir. Je ne sais pas quand je vais pouvoir y arriver.

Devant l'absence de vent, je me repose, j'écoute de la musique, je répare mon matériel et j'essaie de profiter du temps que je ne suis pas en déplacement. J'écoute surtout du Coldplay, c'est très zen pour l'Antarctique.

À l'exception des quatre Russes du dépôt de carburant que j'ai rencontrés pendant une trentaine de minutes, et ils ne parlaient pas bien anglais, je n'ai vu personne depuis le début de mon aventure. Lorsque je regarde partout autour de moi, il n'y a rien, pas un insecte, pas une poussière, il n'y a rien. On se sent infiniment petit. L'autre jour, j'ai laissé aller un gros cri et c'est comme si ce cri n'a eu aucun effet sur mon environnement. Il n'y a eu aucune réaction et aucun écho, comme si j'étais dans un vide. C'est vraiment bizarre comme sensation. Avec un peu moins de froid, l'Antarctique est un endroit vraiment zen.

Propos recueillis par Gabriel Delisle

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