Un traîneau amoché freine ma progression

Pour la première fois de l'expédition, ma confiance a été atteinte. (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Pour la première fois de l'expédition, ma confiance a été atteinte.

Après avoir connu ma journée la plus productive lundi, en parcourant 150 kilomètres dans des conditions idéales, j'ai découvert une craque, j'irais même jusqu'à dire une crevasse de près de 30 centimètres sur mon traîneau. C'est pratiquement comme si mon traîneau était en train de se briser en deux.

Il s'agit d'un bris majeur car c'est la seule pièce de mon équipement que je n'ai pas en double. Je me demande bien ce qui a pu se passer. Je suis peut-être allé trop vite.

Ébranlé par ce bris, j'ai donc mis cinq heures à réparer mon traîneau avec les outils à ma disposition, hier. Je crois avoir bien travaillé et j'ai hâte de mettre mon équipement à l'épreuve, dès aujourd'hui, si les conditions le permettent. Il reste maintenant à espérer que le tout va résister.

Ce pépin s'ajoute à une liste déjà bien garnie depuis le début de mon expédition vers le coeur de l'Antarctique. Au cours de la dernière semaine, la batterie de mon téléphone satellite a gelé. J'ai donc dû utiliser mon équipement DeLorme inReach pour communiquer brièvement que j'allais bien.

Aussi, un matin, j'ai dû éteindre un feu à mon réveil puisqu'en me préparant un chocolat chaud, du naphta s'est échappé du brûleur et des flammes ont pris naissance. Heureusement, le tout a été réglé rapidement sans faire aucun dommage.

Même si chaque jour apporte son lot de difficulté, je demeure serein. Je dois néanmoins admettre que l'épisode du traîneau a ébranlé ma confiance.

Malgré tout, je m'encourage en constatant ma grande progression en direction du Pôle Sud. J'ai déjà parcouru près de 500 km après 8 jours sur les 1850 km qui doivent garnir mon itinéraire. En comparant ce résultat avec le temps le plus rapide réalisé auparavant par quelqu'un ayant traversé le continent, je compte 11 jours d'avance. Ça va donc très bien.

Avec les yeux rivés toujours sur l'objectif d'atteindre le Pôle Sud, je garde un bon moral. Jusqu'à maintenant, la solitude ne m'affecte pas et je parviens à bien la gérer.

À travers tout ça, le froid est tout de même agaçant tellement il est omniprésent. Je m'attendais à avoir un peu de répit parfois, mais il fait froid 24 heures sur 24.

Même si je grelotte lorsqu'il est temps d'aller au lit, je réussisà bien dormir, prêt pour attaquer à mon réveil, une nouvelle journée.

Propos recueillis par Vincent Gauthier

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