De la saveur de Gatorade dans le blizzard

Je me surprend moi-même. Parti depuis deux jours, j'ai parcouru en 48 heures... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Frédéric Dion
Le Nouvelliste

(Antarctique) Je me surprend moi-même. Parti depuis deux jours, j'ai parcouru en 48 heures une distance que je prévoyais faire en dix jours. J'ai bien profité des vents favorables et j'ai pu parcourir 190 kilomètres pour atteindre une altitude de 2100 mètres.

Mon moral est bon, même si j'ai cassé plusieurs pièces d'équipement à venir jusqu'à maintenant. J'ai cassé une fixation, brisé les sangles de mon traîneau, mais j'arrive à me débrouiller. Il n'y a rien pour me décourager.

Lors de mon parcours, mon traîneau s'est fait malmener plus que je ne l'aurais cru. Il est propulsé par des lames de neige très dures et passe la moitié du temps dans les airs. Mon matériel se cogne et plusieurs de mes sacs de nourriture se sont ouvert.

Maintenant, quand je mange du chocolat, ça goûte mon souper. Il y a aussi de la poudre de Gatorade partout. Ça fait de la saveur dans mon traîneau.

Aujourd'hui, il s'est mis à venter de plus en plus fort pendant que j'avançais. J'ai finalement sorti ma voile de tempête, jusqu'à ce que le blizzard commence, avec des rafales de plus de 100 km/h.

J'ai donc décider d'arrêter et de monter ma tente pour me mettre à l'abri, mais ça a été très long puisque je dois poser plusieurs ancrages pour ne pas que ça parte au vent.

Et si je devais échapper un seul morceau d'équipement et qu'il parte au vent, ça pourrait être dramatique, alors je prends bien mon temps.

Quand je me suis éloigné de la tente pour aller rouler mon cerf-volant, je me suis retourné et je ne voyais plus à 20 mètres devant moi. Les températures ici sont extrêmes à l'os, comme je n'ai jamais vu. J'ai donc décidé de me mettre à l'abri et d'attendre à demain avant de faire un move.

Des vents de cette violence, ça ne peut pas durer une éternité.

Propos recueillis par Paule Vermot-Desroches.

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