Yvon Boivin «amèrement déçu»

Yvon Boivin, candidat libéral dans la circonscription de... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Yvon Boivin, candidat libéral dans la circonscription de Trois-Rivières, a décidé de prendre un peu de recul après sa défaite de lundi.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Yvon Boivin n'a pas l'intention de contester les résultats du vote qui a accordé la victoire à Robert Aubin du NPD dans la circonscription fédérale de Trois-Rivières, lundi. «À 900 voix, il faut savoir admettre qu'on a perdu», plaide-t-il.

Toutefois, à la lumière de cette expérience, Yvon Boivin annonce qu'il largue non seulement son implication active en politique en Mauricie, mais aussi le dossier de la pyrrhotite qu'il a défendu avec une ardeur peu commune depuis six ans.

«Je suis amèrement déçu», reconnaît-il.

Le candidat défait s'attendait à remporter la victoire ou bien, dans le pire des cas, à faire beaucoup mieux que 30 % dans le résultat du vote. Les électeurs, en particulier les familles aux prises avec la pyrrhotite, ne lui ont visiblement pas retourné l'ascenseur.

«Six ans d'efforts que j'ai consacrés à aider des gens, à agir un peu en Robin des Bois, je pensais que ça aurait amené une certaine sensibilité régionale ou locale. De voir que 70 % des gens ont décidé que ce n'était pas à moi qu'ils voulaient confier le mandat de régler ce dossier-là», suscite la question suivante, dit-il: «Est-ce un dossier si important? Est-ce vraiment une priorité locale? Je me pose la question et j'en doute maintenant.»

Exit, donc, la politique pour lui, mais «en Mauricie» seulement, nuance-t-il. «Pour le reste, on verra.»

Aurait-il l'intention de déménager? «Nous verrons pour l'avenir.»

Même s'il remercie ceux et celles qui ont voté pour lui et travaillé pour son élection, Yvon Boivin indique qu'il a été «surpris du peu d'appuis de victimes de la pyrrhotite pour venir lui donner un coup de main. Il a fallu que je fasse venir des gens du Saguenay pour poser des pancartes. J'ai téléphoné à des gens que j'ai aidés et ils avaient toutes sortes de raisons pour ne pas aider», raconte-t-il.

«Je vous avoue que je suis un peu surpris d'avoir reçu si peu d'aide des victimes. Il y en a eu, une petite équipe, mais minime par rapport aux personnes que j'ai pu aider», dit-il.

«Malheureusement, Trois-Rivières a fait le choix d'être dans la troisième opposition et de s'affaiblir. Quand on va avoir des projets à aller chercher à Trois-Rivières, est-ce que M. Aubin va travailler de la même façon qu'il travaillait avant? S'il travaille de la même façon, on n'aura pas grand-chose de plus. Dans le dossier de la pyrrhotite, c'était moi qui poussais le dossier. Ce n'est pas lui. J'étais derrière lui. Ce sera à lui, dorénavant de gérer le dossier de la pyrrhotite», dit-il. «M. Aubin aura à faire ses preuves qu'il est apte et capable d'assumer cette responsabilité.»

La candidature d'Yvon Boivin au PLC a nécessité de trouver du financement. «Il y avait eu une démission en bloc, il n'y avait presque pas d'argent. Il ne faut pas l'oublier», dit-il. «Il a fallu partir de zéro pour tout remonter. On a donné 150 %. On ne pouvait donner plus.» En ce sens, estime-t-il, «c'est une victoire morale.»

«Je demeure un fidèle libéral fédéral. C'est ancré au fond de mon coeur.»

Yvon Boivin aurait-il été trop associé à la pyrrhotite pour séduire la majorité de l'électorat? «J'ai voulu démontrer que je n'étais pas l'homme d'une seule cause, mais les médias me ramenaient constamment cette question-là», dit-il. «La pyrrhotite, c'est une étiquette qu'on m'a donnée. Si elle m'a nui, ça confirme que les gens ne veulent plus en entendre parler, qu'ils veulent passer à autre chose et ceux qui sont dans la détresse, qu'ils s'organisent», déplore le candidat défait.

Devant une telle attitude, Yvon Boivin raconte qu'il a choisi «de prendre du recul, de me reposer, de reprendre le temps perdu en famille. J'ai passé la moitié de mes vacances, des soirées, des fins de semaines pendant six ans à aider du monde. Là, on va penser famille. Ça va être une période de ressourcement», résume le père d'un garçon de 12 ans.

«Je constate comment la Coalition a de la difficulté à avoir du financement. C'est difficile depuis le début. Ça explique peut-être le résultat de l'élection», dit-il.

On reverra peut-être Yvon Boivin dans le public, un jour, puisqu'il a l'intention, à sa retraite, d'écrire un livre sur la saga de la pyrrhotite, incluant son bref passage en politique.

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