Un vent libéral a balayé le pays

Justin Trudeau retrouvera le 24, Promenade Sussex, à... (Photo: La Presse Canadienne)

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Justin Trudeau retrouvera le 24, Promenade Sussex, à Ottawa, la résidence officielle des premiers ministres canadiens, que son père a habité de 1968 à 1984.

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<p>Michel Corbeil</p>

Les Canadiens se sont donnés un gouvernement qu'aucun sondage ne prévoyait, un gouvernement libéral majoritaire, dirigé par Justin Trudeau.

Le vent favorable aux libéraux a commencé à souffler dès le début dans les Maritimes. Il n'a cessé de se gonfler tout au long de la soirée.

Un peu plus de 30 ans après le départ de Pierre Elliot Trudeau, son fils devient le 23e premier ministre du pays. L'appui de l'Ontario a été décisif, mais le Parti libéral du Canada de Justin Trudeau a réussi une véritable percée au Québec.

À 21 h 40, Radio-Canada a annoncé que le Parti libéral du Québec avait l'assurance d'être aux commandes de l'État. À 22 h 37, les libéraux se sont faits confirmer qu'ils seraient majoritaires. Au moment d'écrire ces lignes, le Parti libéral du Canada espérait l'emporter dans 187 des 338 circonscriptions du pays.

Le Parti conservateur du Canada se dirigeait vers une députation composée de 105 membres; le Nouveau parti démocratique, de 35; le Bloc québécois survit avec dix élus, à court d'une reconnaissance comme parti reconnu en Chambre et d'un véritable droit de parole aux Communes.

Le Parti vert s'est maintenu. Sa chef Elizabeth May, première élue de à vie de la formation, s'est imposée à l'arraché dans Saanich-Gulf-Islands, en Colombie-Britannique.

Deux autres chefs, le néodémocrate Thomas Mulcair (Outremont) et le bloquiste Gilles Duceppe (Laurier-Sainte-Marie) ont échappé de peu à la défaite, conservant de peine et de misère leur fauteuil au Parlement.

Le Parti conservateur du Canada a conservé l'essentiel de ses positions dans les provinces de l'Ouest. Mais la soixantaine de sièges perdus ailleurs au pays le relègue dans l'Opposition. À 23 h, le chef Stephen Harper ne s'était toujours pas adressé à ses partisans pour leur faire part de son avenir politique.

Le ciel est tombé sur la tête du Nouveau parti démocratique. À travers le pays, il n'a retenu qu'une trentaine des 102 députés qu'il avait fait élire en 2011. Au Québec, cela a été l'hécatombe. Sur la rive nord de Québec, tous les députés «orange» se dirigeait vers la défaite. Des 59 élus de 2011 dans la province, il en reste moins de dix, dont Ruth Ellen Brosseau, dans Berthier-Maskinongé.

Le Cri Romeo Saganash a perdu dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou. Durant la campagne, il n'a pourtant pas hésité à prendre ses distances avec la position de son chef Thomas Mulcair en condamnant le port du niqab pendant les cérémonies d'assermentation pour la citoyenneté.

Gilles Duceppe, lui, a sauvé du naufrage total le Bloc québécois, le parti souverainiste qui oeuvre à Ottawa depuis 24 ans à Ottawa. Redevenu chef à la suite de l'appel de détresse que lui a lancé, en juin, celui qui lui avait succédé, Mario Beaulieu, semblait en voie de l'emporter après avoir échangé l'avance dans La Pointe-de-L'Île, à Montréal, avec la députée néodémocrate sortante Ève Péclet.

L'affaire Dan Gagnier, le coprésident de la campagne du PLC pris à conseiller le promoteur du controversé projet Énergie Est à moins d'une semaine du 19 octobre, n'a pas affecté l'issue du combat électoral. Le chef Justin Trudeau n'a eu aucune difficulté à conserver sa circonscription (Papineau).

Justin Trudeau a commencé la campagne électorale, en août, en troisième position, selon les enquêtes d'opinion. Il retrouvera le 24, Promenade Sussex, la résidence officielle des premiers ministres canadiens, que son père a habité de 1968 à 1984, à l'exception d'un court séjour dans l'opposition. Pierre Elliott Trudeau avait été porté au pouvoir, la première fois, à la tête d'une équipe majoritaire.

Maritimes

La soirée a commencé par un véritable raz-de-marée libéral sur les provinces Maritimes. Un score parfait de 32 élus sur 32. Plus de 60% des suffrages. Même en 1993, les Libéraux de Jean Chrétien n'avaient pas réussi à balayer les provinces Maritimes.

De l'avis général, les électeurs des quatre provinces n'ont jamais pardonné aux conservateurs la réforme de l'assurance-emploi. La défaite des bleus a été particulièrement sévère au Nouveau-Brunswick, où le Parti de Stephen Harper détenait huit sièges sur 10. À preuve, la région de Frédéricton, un terreau fertile pour les conservateurs, est passée au rouge.

Un peu partout, le vote du NPD a dégringolé. Y compris à Halifax, où le Parti ne franchit pas la barre des 20%. Apparemment, le vote anti-conservateur s'est réfugié du côté libéral. Pour la première fois en 20 ans, le NPD n'a pas d'élu dans les provinces de l'est. Une sorte de retour vers le futur qui ne manquera pas de laisser un goût amer.

L'Ontario

En Ontario, le Parti libéral connaît une progression spectaculaire. En récoltant 80 sièges, les Rouges multiplie par huit leur récolte de 2011! Les Conservateurs perdent une quarantaine de circonscriptions. Le NPD est ramené plusieurs années en arrière, à l'époque où il était le petit frère malingre, l'éternel troisième.

C'est dans la grande région de Toronto, alias le GTA,  que les troupes de Justin Trudeau enregistrent leur progression la plus spectaculaire. Avec ses 52 députés, le GTA a été comparé au Saint-Graal de la politique canadienne. Voire, aux bijoux de la Couronne. 

En 2011, c'est une percée fulgurante dans les banlieues de Toronto qui avait donné à Stephen Harper sa majorité au Parlement. Le Parti libéral n'avait sauvé qu'une poignée de députés. L'équivalent d'un K.O. à la boxe.

Cette fois, le Parti libéral reprend la quasi totalité des sièges du GTA. Le NPD est presque rayé de la carte torontoise. Même l'ancienne circonscription de Jack Layton, dans le centre-ville, passe au rouge. 

L'Ouest

Dans l'Ouest, les Libéraux réalisent des gains appréciables au Manitoba. En fin de soirée, ils semblaient en mesure de rafler sept des 14 circonscriptions. Il faut remonter plus de 20 ans en arrière, pour dénombrer autant de libéraux dans la prairie. 

Mais la vague rouge n'était plus qu'une vaguelette en Saskatchewan, alors que les Conservateurs emportent 11 des 14 circonscriptions. 

Même chose en Alberta, où les troupes de Stephen Harper limitent les dégâts, en raflant  31 des 34 sièges disponibles. 

Avec 60% des suffrages accordés au Parti conservateur, l'Alberta demeurent la forteresse bleue par excellence.

Les troupes de Thomas Mulcair fondaient de grands espoirs sur l'élection d'un gouvernement provincial du NPD, en Alberta. Ils essuient un cuisant revers, avec pour seule consolation leur unique bastion du centre-ville d'Edmonton.

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