La fin du marathon électoral

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(Trois-Rivières) Le 2 août dernier, le thermomètre pointait les 25 degrés Celsius. En pleine canicule, le premier ministre Stephen Harper traversait la promenade Sussex vers Rideau Hall pour mettre un terme à la 41e législature canadienne. Soixante-dix-huit jours plus tard, Environnement Canada annonce tout au plus 4 petits degrés au-dessus de zéro avec neige intermittente. Refroidissement électoral en vue?

Rien n'est moins certain. Après la plus longue campagne électorale de l'histoire moderne du Canada, soit depuis que les charrettes ont été rangées au rancard, c'est maintenant aux électeurs de saisir le porte-voix pour faire valoir leur manière de voir par la voie d'un bulletin de vote. Aux urnes, citoyens!

Si le taux de participation s'annonce à l'image du taux de vote par anticipation, il est à prévoir que l'élection fédérale 2015 sera plus courue que celle de 2011, où seulement 61,1 % des électeurs avaient marché jusqu'à l'isoloir. En effet, plus de 3,6 millions de citoyens d'un océan à l'autre ont bénéficié de leur droit de vote par anticipation, soit une augmentation de 71 % par rapport à la dernière élection. Au Québec seulement, 15 % des électeurs inscrits se sont prévalus de cette possibilité démocratique. À Trois-Rivières, 15 394 personnes sont allés aux urnes entre le 9 et le 12 octobre, 14 468 dans Saint-Maurice-Champlain, 13 112 dans Berthier-Maskinongé et 11 293 dans Bécancour-Nicolet-Saurel.

La journée de lundi offre ainsi une occasion ultime aux 22 candidats en lice dans la région de serrer quelques pinces pour réchauffer l'opinion des derniers indécis. À Trois-Rivières, le néodémocrate Robert Aubin, qui avait crié victoire en 2011 avec plus de 53 % des voix, entamera les derniers mètres de la course sans avoir reçu son chef, Thomas Mulcair. Une absence remarquée qui pourrait être comblée par les thèmes mis à l'avant-scène depuis l'été, entre autres la création d'emplois, le bien-être des aînés et la pyrrhotite.

Un leitmotiv repris en écho par son homologue libéral, Yvon Boivin, M. Pyrrhotite en personne. S'il a pu recevoir, lui, son chef Justin Trudeau à 24 heures du déclenchement de la campagne, ainsi que le 2 septembre, M. Boivin a fait couler beaucoup d'encre pour rappeler, justement, qu'il n'était pas l'homme d'une seule cause...

Son vis-à-vis conservateur, Dominic Therrien, a déroulé le tapis rouge à plus d'une occasion lors de cette campagne, tant pour accueillir Stephen Harper à deux reprises, que son lieutenant au Québec, le ministre Denis Lebel. Installé à Trois-Rivières depuis l'été, M. Therrien espèrebien colorer la circonscription en bleu, du jamais vu depuis l'élection de Pierre-H. Vincent entre 1984 et 1993.

Gilles Duceppe, lui, n'aura pas manqué de venir prêter main-forte à son candidat trifluvien André Valois à trois reprises, dont l'une accompagné de Pierre Karl Péladeau. Plutôt discret durant la campagne, M. Valois compte faire revivre les belles années du Bloc dans la cité de Laviolette, soit avant le tsunami orange qui avait emporté par le fond la députée Paule Brunelle.

Toujours à Trois-Rivières, les quatre grands partis ont vu s'installer sur la ligne dedépart Éric Trottier du Parti vert, ainsi que le libertarien Maxime Rousseau.

Berthier-Maskinongé

D'un poteau à l'autre, les 85 000 électeurs de Berthier-Maskinongé seront placés devant un dilemme de choix dans l'isoloir, avec cinq candidats en piste: soit reporter au pouvoir la néodémocrate Ruth Ellen Brosseau, qui n'avait pas fait campagne en 2011 mais qui l'avait tout de même emporté par près de 40 % des voix, soit offrir un siège de député à Victoria Cate May Burton, la fille d'Élizabeth May, qui n'a pas fait, elle non plus, campagne en 2015, soit octroyer leur confiance au bloquiste Yves Perron, voire au libéral Pierre Destrempes,ou encore à la plus jeune candidate du Parti conservateur, Marianne Foucrault.

Saint-Maurice-Champlain

Avec ses 37 295 kilomètres carrés, la circonscription de Saint-Maurice-Champlain est plus vaste que le territoire belge. Depuis que la députéefantôme LiseSt-Denis a obtenu gain de cause en 2011, avec 39 % des voix pour le NPD, puis a retourné sa veste au rouge pour rejoindre l'équipe de Justin Trudeau, Saint-Maurice-Champlain a été le théâtre d'échanges costauds durant la campagne. Notons, entre autres, à la suite de l'intervention de l'ancien premier ministre, Jean Chrétien, aux cotés du candidat François-Philippe Champagne, sur le parvis du centre fiscal de Shawinigan. Près de 80 000 électeurs, sur une population de plus de 97 000 citoyens, sont appelés aux urnes lundi et devront choisir entre M. Champagne, le néodémocrate Jean-Yves Tremblay, la bloquiste Sacki Carignan Deschamps, le conservateur Jacques Grenier, le vert Martial Toupin et le marxiste-léniniste Jean-Paul Bédard.

Bécancour-Nicolet-Saurel

Il est le doyen de la Chambre des communes et il espère bien le demeurer. Louis Plamondon a été élu pour la première fois en 1984 sous la bannière des Progressistes-conservateurs, avant de passer au Bloc québécois en 1990. À la dernière élection, il avait damé le pion à ses adversaires avec moins de 3 % d'avance. 

S'il récidive à la faveur d'une majorité des 75 514 électeurs de Bécancour-Nicolet-Saurel, il signera un record de longévité pour un député francophone depuis la Seconde Guerre mondiale. M. Plamondon affronte le néodémocrate Nicolas Tabah, le libéral Claude Carpentier, Yves Laberge du Parti conservateur et Corina Bastiani du Parti vert.

Nouvelle carte électorale

Au moment de déclencher les élections, le Parti conservateur occupait 159 sièges à la Chambre des communes, le Nouveau parti démocratique 95, le Parti libéral 36, le Bloc québécois comptait deux députés, tout comme le parti Forces et démocratie, ainsi que le Parti vert. Huit députés siégeaient comme indépendants, alors que quatre sièges étaient vacants. 

En 2015, 30 nouvelles circonscriptions ont été découpées d'un océan à l'autre, dont trois au Québec, portant leur nombre total à 338. 

Enfin, 87 % des circonscriptions ont vu leurs frontières modifiées depuis la dernière élection.

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