Chevaliers de Colomb: Tremblay risque l'expulsion

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L'attitude de Jean-Yves Tremblay combinée à des soupçons de trahison pour avoir comploté au sujet de l'occupation du local de la 5e Rue, pourrait lui valoir une expulsion chez les Chevaliers de Colomb.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Jean-Yves Tremblay vit avec une épée au-dessus de la tête, celle de la section 1209 des Chevaliers de Colomb de Grand-Mère, depuis le début de la campagne électorale. 

Le 30 octobre, le candidat néodémocrate dans Saint-Maurice-Champlain terminera une suspension de trois mois dans l'organisation pour insubordination à l'endroit du comité de direction. Son attitude, combinée à des soupçons de trahison pour avoir comploté au sujet de l'occupation du local de la 5e Rue, pourrait lui valoir une expulsion.

En assemblée générale dimanche dernier, des membres étaient prêts à statuer sur son sort. L'assemblée a finalement décidé de le convoquer après la campagne électorale, dans la semaine du 26 octobre.

À Shawinigan, on ne badine pas avec le local 1209 des Chevaliers de Colomb, fondé en 1907. Il s'agit du plus important regroupement en Amérique du Nord, avec près de 1000 membres. 

Actuel candidat conservateur dans Saint-Maurice-Champlain, Jacques Grenier avait goûté à la médecine des Chevaliers de Colomb de Grand-Mère à la suite d'un différend avec l'ancien président en 2013. L'ex-conseiller municipal avait été battu à plates coutures dans le district de la Rivière par Nancy Déziel.

Selon nos informations, M. Tremblay a intégré les Chevaliers de Colomb une première fois en 1977. Il a toutefois pris une longue pause avant de revenir en 2007. Il portait le titre de «Fidèle navigateur», patron des membres de quatrième degré et responsable d'environ 80 personnes.

Depuis le 1er août, cinq membres ont été suspendus par le comité de direction. L'un d'eux a réintégré le mouvement, après s'être mis à table en avouant qu'un petit groupe parallèle, le Club de récréation des Chevaliers de Grand-Mère, travaillait pour tasser les membres du local 1209 de la 5e Rue, à l'insu du comité de direction. En fait, le groupe a modifié l'appellation du Club de récréation des Chevaliers de Colomb de Grand-Mère, qui existe avec son propre conseil d'administration depuis 1909, pour se dissocier de l'organisation.

Un acte de trahison qui a été très mal accueilli, car cette démarche secrète contrevenait clairement aux règlements internes. 

Dans le cas de M. Tremblay, il aurait également formulé des propos calomnieux à l'endroit des membres du comité de direction lors d'une journée fraternelle, à la fin mars. 

Pierre Jalbert, secrétaire-trésorier de la section 1209 des Chevaliers de Colomb, a été délégué pour livrer la version officielle de l'organisation sur ces événements.

«Il s'est tiré dans le pied», raconte-t-il au sujet de M. Tremblay. «Il a tenu des propos vulgaires à l'endroit du comité de direction des Chevaliers de Colomb. Ce n'était pas digne d'un Chevalier de quatrième degré. C'était contraire à nos articles. C'est inimaginable, des vulgarités semblables devant un groupe de personnes.»

M. Jalbert ajoute que la complicité présumée de M. Tremblay avec un petit groupe qui cherche à prendre possession du local n'aide pas le sort de l'aspirant député.

«Il est en contact direct avec des gars qui veulent que les Chevaliers de Colomb n'existent plus», croit-il. 

Un comité de cinq personnes sera formé pour rencontrer individuellement les quatre membres suspendus d'ici la fin du mois. 

En principe, les Chevaliers de Colomb demeurent un mouvement apolitique. L'organisation ne donnera donc pas de mot d'ordre pour le vote du 19 octobre, mais disons que ça jase dans le secteur Grand-Mère.

«Plusieurs membres ne l'appuieront pas», croit M. Jalbert. «Je ne dis pas qu'il y aura un mot d'ordre, ni que la totalité des membres travailleront contre lui. Jean-Yves, c'est comme bien du monde: des gens l'aiment, d'autres ne l'aiment pas.»

Déclaration nationale

Sollicité pour une entrevue depuis mardi afin de commenter cette suspension et les événements qui y ont mené, Jean-Yves Tremblay a plutôt choisi de prendre ses jambes à son cou. Il n'a pas retourné nos appels, mais hier, Philippe Dion, attaché de presse pour le NPD au Québec, s'est fait le porte-parole du candidat en transmettant le courriel suivant :

«Les membres du club de récréation des Chevaliers de Colomb de Grand-Mère ont reçu un avis de suspension en juillet dernier, sans qu'il ne soit clairement expliqué ce qu'on reprochait au club. Il s'agit certainement d'un imbroglio. Jean-Yves Tremblay a toujours conservé un comportement exemplaire au sein de l'organisation. (...)»

M. Dion n'a pas voulu préciser si le NPD était au courant de cet événement ou de la suspension de M. Tremblay lorsque ce dernier a décidé de se porter candidat à l'investiture du parti, à la fin août.

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