Visite de Stephen Harper: «Un manque de respect»

Yvon Boivin... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

Yvon Boivin

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une insulte, un manque de respect: les candidats de Trois-Rivières ne mâchaient pas leurs mots après la visite de Stephen Harper dans la région lundi. Le silence du chef conservateur sur le dossier de la pyrrhotite et son refus de répondre aux questions des journalistes démontrent une insensibilité aux réalités régionales selon eux.

Robert Aubin... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Robert Aubin

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

«Le silence de Stephen Harper dans le dossier de la pyrrhotite est très, très clair: un gouvernement conservateur n'aidera pas les victimes de la pyrrhotite», constate Yvon Boivin, candidat libéral pour la circonscription de Trois-Rivières. Celui qui s'est fait le porte-étendard des victimes de la pyrrhotite se demandait visiblement ce que M. Harper était venu faire à Trois-Rivières. «Il prend la peine de se déplacer et il vient parler de tout sauf de la pyrrhotite. Tant qu'à ça, il n'aurait peut-être pas dû venir», estime-t-il.

«C'est une insulte aux victimes, c'est une insulte aux familles qui ont vécu ce drame, c'est une insulte aux gens qui sont décédés par ces problématiques-là», a-t-il martelé. Yvon Boivin craint que d'autres drames ne se produisent si rien n'est fait pour les gens touchés par ce véritable fléau. «Il faut que les gens sachent que s'ils votent conservateur, les victimes de pyrrhotite vont continuer à souffrir et il y aura encore des suicides, des séparations».

Le candidat pour le NPD, Robert Aubin, ne peut pas dire qu'il avait de grandes attentes sur les intentions de Stephen Harper envers les victimes de la pyrrhotite. «J'aurais été le plus surpris du monde que M. Harper arrive ici avec une annonce sur la pyrrhotite. Il s'est peinturé dans le coin durant les quatre dernières années, je vois difficilement comment il changerait de discours maintenant. Ce n'est pas homme à changer de discours».

Tout de même, le candidat néodémocrate s'attendait à un peu plus de respect envers les réalités régionales et face à une économie «déjà éprouvée». «Cette visite-là est un immense manque de respect à l'égard des Trifluviens. Venir dans une circonscription et ne pas être à l'écoute des besoins de la circonscription qu'on visite, ça m'apparaît manquer de respect», insiste M. Aubin.

M. Aubin et son adversaire libéral sont d'avis que le candidat conservateur dans Trois-Rivières, Dominic Therrien, ne ferait pas le poids pour faire bouger les choses advenant la réélection d'un gouvernement conservateur. «Les députés de Stephen Harper n'ont eu aucun impact sur les décisions du premier ministre au cours des quatre dernières années; ça ne va pas changer. M. Therrien va devoir faire avec la ligne du parti qui ne répond en rien aux besoins des gens de la région», estime M. Aubin.

Une vision que partage Yvon Boivin. «Que M. Therrien ne vienne plus nous dire qu'il va aller convaincre le gouvernement conservateur de donner de l'argent aux victimes [de la pyrrhotite], c'est impossible», croit Yvon Boivin tout en ajoutant que le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, s'est quant à lui montré «sensible» à la problématique.

«Antidémocratique»

L'impossibilité pour les journalistes de poser des questions à l'homme d'état a également fait réagir les candidats.

«C'est de la dictature presque, on est en présence d'un homme qui contrôle tout: qui contrôle le discours, qui contrôle les questions. C'est antidémocratique que de ne pas permettre à des journalistes de poser des questions. Ça démontre une très grande faiblesse: il a peur de faire face à ses obligations», avance Yvon Boivin.

«S'il fallait que tous les politiciens ne répondent pas aux questions, on tombe dans un pays de dictature. C'est là que M. Harper veut nous amener? Les Québécois n'en veulent plus de ça. Les Canadiens non plus. On n'en veut plus», ajoute M. Boivin.

«Ne pas permettre aux journalistes de poser des questions sur les préoccupations des gens de la circonscriptions, on comprend difficilement ce manque de respect», admet pour sa part M. Aubin. «Si le passé est garant de l'avenir... [Les conservateurs] ont été totalement sourds pendant les quatre dernières années. Heureusement, les gens ont la possibilité de changer de gouvernement le 19 octobre», conclut-il.

Il a été impossible de rejoindre le candidat du Bloc Québécois, André Valois.

laurie.noreau@lenouvelliste.qc.ca

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer