Pyrrhotite: la position du NPD contient une faille, dit Boivin

Yvon Boivin... (photo: Sylvain Mayer)

Agrandir

Yvon Boivin

photo: Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Le candidat libéral dans Trois-Rivières, Yvon Boivin, dit avoir déterré «une faille» importante au sujet des promesses faites par le NPD relativement à l'aide aux victimes de la pyrrhotite.

Selon M. Boivin, le NPD promet de créer un fonds d'urgence, «mais l'argent serait versé sous preuve d'un jugement», explique-t-il.

L'aide promise par le NPD ne toucherait donc qu'une petite partie des victimes de la pyrrhotite en Mauricie, soit à peine 600 familles, dénonce M. Boivin.

Rappelons que SNC Lavalin a été condamnée en cour supérieure dans cette affaire et porte présentement sa cause en appel. Le résultat de l'appel ne serait connu qu'en 2017. Près de 2000 familles victimes de la pyrrhotite tomberaient donc entre deux chaises si le NPD était élu, explique le candidat libéral.

M. Boivin précise que les 600 familles qui recevraient de l'aide du NPD ont, pour la plupart, déjà fait faire leurs réparations via leur plan de garantie ou ont déjà reçu de l'aide financière de Québec. Ce sont les seules personnes qui auraient en effet la fameuse «preuve de jugement» qu'exigerait un gouvernement NPD et qui pourraient donc bénéficier de l'aide promise par ce parti, analyse M. Boivin.

Selon lui, «les 2000 autres victimes attendent le résultat de l'appel du jugement qui ne sortira pas avant 2017. Ça veut dire que «toutes les familles qui sont en attente actuellement pour avoir de l'aide n'auront pas d'argent tant que le premier jugement ne sera pas réglé définitivement», déplore le candidat libéral.

«Pire que ça. Si jamais le premier jugement vient à être réglé, soyez certain qu'ils (SNC) ne retourneront pas en cour. La prochaine fois, ça va être des ententes à l'amiable et quand on parle d'entente à l'amiable, c'est toujours confidentiel», fait valoir le candidat libéral.

«Les victimes ne pourront pas démontrer combien elles ont perdu, donc elles n'auront droit à rien», en termes d'aide financière du fédéral indique M. Boivin. «C'est une grosse faille. Je lui avais dit, à M. (Robert) Aubin (le candidat NPD) et il ne m'a pas écouté quand il m'avait soumis ça», déplore Yvon Boivin.

Ce dernier rappelle que le chef du PLC, Justin Trudeau, a récemment promis de débloquer l'argent nécessaire pour régler le dossier. M. Boivin insiste sur le mot «régler» et assure qu'un gouvernement libéral agirait «rapidement» dans ce dossier.

Le candidat NPD, Robert Aubin, ne comprend pas pourquoi Yvon Boivin parle de la sorte puisque cette stratégie, affirme-t-il, a été élaborée de concert avec la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite que présidait M. Boivin lui même avant la période électorale.

Robert Aubin reconnaît que le plan d'urgence du NDP touche uniquement les victimes qui seront munies d'un jugement. Quant aux autres, si elles en arrivent à une entente hors cour avec SNC, elles ne requièrent alors plus d'aide gouvernementale, fait-il valoir.

«Le fonds d'urgence est vraiment pour aller au plus pressant pour ceux qui doivent faire des réparations à court terme et qui ont eu un jugement», dit-il. «Qu'est-ce qu'il y a de plus solide qu'un jugement de la cour?», dit-il. «Je ne dis pas que c'est un plan fermé à jamais, mais c'est le point de départ du parti pour dire qu'on met de l'argent sur la table», explique le candidat NPD.

M. Aubin trouve toutefois surprenant que Justin Trudeau ait parlé de «régler le dossier» puisque qu'en quatre an et demi, les Libéraux «n'ont jamais posé une question sur la pyrrhotite en Chambre», rappelle-t-il.

«Le NPD est le seul parti qui a reconnu que le fédéral avait une responsabilité», fait valoir le candidat.

Robert Aubin rappelle que le plan d'aide du NPD comporte aussi une réduction d'impôts aux propriétaires pour faire le test de pyrrhotite. En soutenant les victimes sur ce point bien précis, le gouvernement pourrait donc connaître exactement l'ampleur des besoins auxquels il devra faire face, explique-t-il. «Et ça nous permet de mettre une date d'échéance», ajoute-t-il.

brigitte.trahan@lenouvelliste.qc.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer