Du NPD au Parti libéral: Lise Saint-Denis s'explique

Lise Saint-Denis soutient que c'est une divergence d'opinion... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Lise Saint-Denis soutient que c'est une divergence d'opinion sur des frais de bureaux satellites qui est à l'origine de son départ du NPD.

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(LA TUQUE) À la veille de la fin de son mandat, la députée fédérale de Saint-Maurice-Champlain a décidé de faire la lumière sur son changement de parti en 2012. Des explications qui n'ont rien à voir avec celles évoquées aux moments des faits.

Mme Saint-Denis soutient avoir changé de parti après que le NPD lui ait demandé, à elle comme aux autres députés, de payer pour des bureaux satellites. «On demandait aux députés de payer, à même le budget qui nous est alloué pour le fonctionnement dans la circonscription, une partie du salaire des gens pour deux bureaux satellites qu'ils voulaient faire à l'époque. Je ne trouvais pas ça correct, et j'ai refusé de payer», explique la députée de Saint-Maurice-Champlain.

Un matin, toujours selon la version de Lise Saint-Denis, une employée du NPD se serait présentée à son bureau avec un formulaire à signer comme quoi la députée acceptait de payer le montant, dont elle ne se souvient plus. C'est à ce moment que la relation entre le NPD et madame Saint-Denis se serait envenimée. «J'ai refusé de signer. C'est certain que ce n'était pas dans leur prévision», commente-t-elle.

Mme Saint-Denis affirme même qu'elle a été menacée de voir une partie de son salaire supprimé. «Ça m'a surprise [...] À partir de ce moment-là, c'est évident que j'étais la petite roche qui empêchait la roue de tourner. À ma connaissance, je suis la seule à avoir dit non. Comme je disais, non, j'étais la pas fine qui empêchait les choses de se faire. Les rapports n'étaient pas très bons à ce moment-là. C'est pour ça que j'ai changé de parti. Ce n'était pas par caprice ou quoi que ce soit», soutient Lise Saint-Denis.

Elle s'est donc ralliée au Parti libéral en 2012 et estime ne pas regretter son choix. «Les convictions du Parti libéral étaient plus proches de mes convictions que celles des conservateurs. Je n'aurais jamais pu me joindre au Parti conservateur. Les libéraux ont été très ouverts. J'ai demandé à joindre le parti et ils m'ont dit oui».

«J'ai eu une expérience très positive», ajoute-t-elle.

Si Lise Saint-Denis explique son changement de parti de cette façon, il en était tout autrement en 2012 lorsqu'elle en avait fait l'annonce. À l'époque, la députée de Saint-Maurice-Champlain avait souligné avoir des divergences avec la direction du NPD dans certains dossiers. Elle avait reconnu être mal à l'aise avec la position du parti dans quelques dossiers chauds.

«Lorsque Mme Saint-Denis a laissé tomber ses électeurs pour se joindre aux libéraux de Bob Rae, elle a évoqué, et je cite, des divergences de vues avec la direction du NPD dans différents dossiers, notamment en ce qui concerne l'intervention en Libye, le recours à un partenariat public-privé pour la construction du futur pont Champlain et l'abolition du Sénat». Il est désolant de voir les libéraux utiliser Lise Saint-Denis de la même manière que les conservateurs utilisent un comité secret de la Chambre des communes à des fins partisanes pour attaquer le NPD», a commenté Marc-André Viau, directeur adjoint des médias pour le NPD.

«J'ai joué mon rôle»

La députée fédérale Lise Saint-Denis a dressé un bilan positif de ses quatre années de mandat. Elle s'est dite satisfaite du travail qu'elle a accompli dans sa circonscription.

«J'ai joué mon rôle. Il faut être présent, il faut comprendre les lois, les analyser, voter, faire des interventions. Je pense que je suis assez satisfaite du travail que j'ai fait. Il n'y a personne qui a contesté ce que je faisais», affirme Lise Saint-Denis.

Cette dernière estime qu'elle a servi la population du mieux qu'elle pouvait dans les circonstances.

«C'était catégorique. On servait toute la population. C'est certain que quand on est un parti d'opposition, avec un gouvernement majoritaire conservateur, c'est plus difficile d'obtenir des choses et de défendre des dossiers. Ils n'écoutent pas beaucoup», explique-t-elle.

«Je suis satisfaite du travail qu'on a fait pendant quatre ans dans les bureaux. Mes employés ont très bien répondu à toutes les demandes»

Selon elle, plusieurs dossiers ont marqué son mandat. Lise Saint-Denis avoue avoir  fait tout son possible pour soutenir les projets.

«On s'est efforcés de défendre les dossiers, que ce soit Via Rial, les autochtones, l'assurance chômage... On avait de bons rapports avec tout le monde et on a bien travaillé. [...] Je suis contente du travail que j'ai fait dans la circonscription, mais c'est toujours difficile comme parti d'opposition», note Mme Saint-Denis.

Cette dernière estime que la perte d'emplois a été une de ses plus grandes batailles.

«Je pense que le plus gros dossier pour moi a été la perte d'emplois fédéraux. C'était de bons emplois avec de bons salaires. On s'est battu beaucoup pour ce dossier-là, surtout ici, avec toutes les fermetures d'usines. L'assurance-emploi c'est un autre dossier sur lequel on a beaucoup travaillé»

«On a essayé de faire comprendre aux gens à Ottawa que les régions c'est très important. Ils oublient ça facilement», lance Mme Saint-Denis.

Celle qui a décidé de ne pas se représenter pour une question d'âge avoue qu'elle a grandement apprécié son expérience comme députée.

«Être près du pouvoir et voir comment le pouvoir fonctionne, c'est quelque chose de très intéressant. On voit comme ça se passe c'est très intéressant et j'ai aimé l'expérience»

Mme Saint-Denis a conclu en disant qu'elle appuyait le candidat libéral François-Philippe Champagne dans Saint-Maurice - Champlain.

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