Dominique Trottier se dit victime de discrimination par le NPD

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(La Tuque) «Je crois aux idées promues par le NPD, sauf que, mon expérience montre que dans certains cas il peut y avoir une différence entre ce qui est prôné, les agissements et les décisions. C'est ce qui me déçoit le plus.» Dominique Trottier est amer que sa candidature à l'investiture dans Saint-Maurice-Champlain ait été refusée, mais il est surtout déçu que ce soit en raison d'actes pour lesquelles il a reçu une absolution de la Cour. Il déplore la décision du NPD et soutient qu'il est victime de discrimination.

«On m'a écrit noir sur blanc que mon rejet était dû aux gestes de harcèlement que j'ai posés en 2012 envers un collègue alors que j'étais journaliste à l'émission JE, à TVA. Le parti avait pourtant déjà été informé que la Cour du Québec m'a accordé une absolution en septembre 2014 dans ce dossier, puisque cela s'était produit en raison d'un «épisode bipolaire» (provoqué par les effets secondaires d'une médication inadéquate qui m'avait été prescrite)», a-t-il fait savoir.

Rappelons que Dominique Trottier avait, aux moments des faits, envoyé des lettres anonymes menaçantes et même un poisson mort à son collègue de l'émission J.E., Michel Jean, pour le pousser à démissionner.

Après un premier refus, celui qui voulait devenir candidat dans Saint-Maurice-Champlain, a appelé de la décision. Selon M. Trottier, aucune raison n'avait alors été évoquée pour expliquer ce résultat. «Lorsque j'ai eu le résultat de l'appel, c'est là que j'ai eu noir sur blanc que c'était en raison de ça (gestes de harcèlement posé en 2012)».

Dans sa réponse finale, le NPD a souligné avoir examiné tous les renseignements relatifs aux actes commis à l'endroit d'un ancien collègue, ainsi que la demande d'appel et a maintenu sa décision de refuser à Dominique Trottier le droit de briguer l'investiture.

Joint par téléphone, le NPD n'a pas voulu commenter et a seulement affirmé qu'il s'agissait d'un processus confidentiel et que le parti ne faisait pas preuve de discrimination.

Ce n'est toutefois pas ce que soutient M. Trottier qui pense que sa candidature a été refusée sur des bases discriminatoires selon les Chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. Il a bien tenté de défendre son point de vue, mais il estime avoir été ignoré par le parti.

«J'ai tenté d'établir un dialogue avec le NPD. J'ai tenté de joindre bien des gens, mais on a ignoré mes tentatives. Les gens à qui j'ai parlé se sont quant à eux montrés très fermés envers moi. Cette façon d'être qui est différente de ce qui est prôné me déçoit aussi», mentionne Dominique Trottier.

Ce dernier souligne qu'il a été malade pendant quelques semaines et qu'il n'a pas de casier judiciaire. Il dénonce qu'il souffre encore d'exclusion, plus de trois ans plus tard.

«Ça démontre à quel point la société a peu évolué au sujet des tabous et des préjugés envers les gens qui ont des problèmes de santé mentale, que ce soit à court terme ou à long terme. Quand c'est connu comme dans mon cas, on en souffre toute notre vie. Ça fait trois ans et demi que c'est arrivé et ce n'est pas la première fois que je subis de la discrimination, mais là ça suffit. J'ai assez souffert pour ce qui est arrivé.»

Dominique Trottier croit que les membres auraient dû faire le choix de façon démocratique en toute connaissance de cause. Il aurait aimé avoir minimalement sa chance de briguer l'investiture.

«J'aurais évidemment accepté la décision, qu'ils m'acceptent ou qu'ils me refusent, parce que ça aurait été fait de façon démocratique, mais là, on ne me donne même pas ma chance de participer», déplore-t-il.

Pas question cependant de se présenter comme candidat indépendant. Dominique Trottier soutient qu'il n'a pas changé d'idée et qu'il croit encore aux valeurs prônées par le NPD «sur papier».

Il a voulu faire cette sortie publique pour démontrer que «le parti politique qui se dit le plus progressiste, qui se dit celui qui se bat le plus contre les discriminations, qui favorise le plus la réhabilitation même des criminels, ce parti-là me refuse sur des bases discriminatoires».

«Ça n'a pas de sens et ça va à l'encontre des valeurs qu'ils prônent, répète-t-il. Je suis vraiment triste d'avoir été refusé sur ces bases-là», a-t-il lancé.

Toujours sous probation

Dominique Trottier est sous probation en raison des événements de 2012. Selon lui, rien qui ne puisse l'empêcher de briguer l'investiture.

«Je dois garder la paix, avoir une bonne conduite. Je ne dois pas entrer en contact avec Michel Jean et je ne dois pas me rendre sur son lieu de travail. Ce sont les locaux de TVA Montréal. C'est jusqu'au 2 septembre», a-t-il précisé.

Rappelons que l'investiture devrait avoir lieu d'ici la fin du mois pour combler le poste vacant dans la circonscription de Saint-Maurice-Champlain. Trois candidats ont déposé officiellement leur dossier de candidature, accepté par le NPD, soit Line Beaulieu, Gilbert Leroux et Jeany Lachance. D'autres candidats à l'investiture pourraient s'ajouter.

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