Paul à Québec: plus compliqué qu'il n'y paraît

C'est grâce au film Histoire d'hiver sorti en... (Photo: La Presse)

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C'est grâce au film Histoire d'hiver sorti en 1998 que Michel Rabagliati a décidé de faire parvenir son album Paul à Québec à François Bouvier, afin qu'il puisse l'adapter au cinéma.

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François Houde
Le Nouvelliste

Si François Bouvier a eu la chance de se voir confier le mandat de réaliser Paul à Québec, il le doit à un autre de ses films, un petit bijou méconnu sorti en 1998: Histoire d'hiver. C'est ce film qui a convaincu Michel Rabagliati de lui faire parvenir son album Paul à Québec pour qu'il l'adapte au cinéma.

S'il conserve pour Histoire d'hiver beaucoup de tendresse, c'est son nouveau film qui devrait être celui de la consécration pour ce réalisateur certes très couru à la télé 

(30 vies, Casino II, Tribu.com) mais dont le parcours au grand écran mérite assurément le respect. Jacques et Novembre, Les matins infidèles, Maman last call témoignent de sa maîtrise du médium mais aussi d'une sensibilité particulière déjà magnifiée dans Histoire d'hiver mais qui trouve dans Paul à Québec sa plus brillante expression. 

«Michel (Rabagliati) et moi, on a formé une bonne équipe, illustre le réalisateur et scénariste. Pour moi, réaliser un film est comme un grand voyage et Michel a été un très bon compagnon de voyage. Lui et moi, on parlait la même langue: il avait pour ses personnages une grande tendresse que je partageais. En fait, il a la même sensibilité que moi, je pense et c'est ce qui fait qu'on s'est si bien entendu.»

L'écriture du scénario a apporté sa bonne part d'embûches qui exigeaient talent, doigté et de l'expérience pour les surmonter.

«Il a fallu construire le film, trouver les lignes directrices, la structure. Le ton que je prends pour raconter l'histoire est le même que celui de la bande dessinée. Par contre, il fallait trouver ce qu'il importait de conserver du livre et ce qu'on inventait, aussi, parce que les deux médiums reposent sur des conventions différentes.»

«Curieusement, dans la BD, Paul lui-même est très peu présent. Au cinéma, toute l'histoire devait être filtrée par sa sensibilité à lui, puisque c'est lui qui la raconte et lui donne sa saveur et son humour. Cet humour est primordial parce qu'il vient désamorcer les aspects les plus dramatiques et les plus lourds pour les rendre abordables par le spectateur sans que ce soit insupportable.»

«Dans le film, il fallait donner à chaque personnage une histoire. On devait aussi trouver comment lier Paul à Roland, objet premier de l'histoire. Il fallait bâtir une courbe dramatique et on l'a trouvée par l'idée que Paul est amené à créer une bande dessinée racontant cet épisode marquant de sa vie.»

Comme le film se construit par l'amalgame de plusieurs petits épisodes apparemment banals de la vie quotidienne, il importait de tous les lier ou, à tout le moins, de s'assurer que les épisodes évoqués dans le film y trouvent aussi leur résolution. «Au final, il y a beaucoup de différences entre le film et la bande dessinée de sorte que ce sont deux oeuvres bien distinctes malgré leur proche parenté.»

S'il est une chose qui unit les deux versions, c'est la sensibilité qui émane tant de l'un que de l'autre.

«J'ai tellement vu le film et l'ai tellement analysé, que j'en ai perdu toute perspective et développé une autre lecture. C'est lors de la projection publique de Montréal que je me suis aperçu qu'il est émouvant en constatant la réaction des spectateurs. Franchement, je ne pensais pas qu'il l'était

autant.»

«Bien sûr, si j'en avais la chance, je le referais en changeant des choses ici et là. J'y vois toutes sortes de défauts que j'aimerais corriger mais j'avoue que j'en suis malgré tout très fier. C'est un drame émouvant sur la mort mais aussi et surtout, un film sur la famille. On a un propos mais on a voulu s'assurer qu'il y ait une coïncidence entre ce qu'on avait envie de dire et ce que le public est prêt à prendre. On peut faire bien des films ayant la mort comme propos central mais ça ne veut pas dire qu'on va rejoindre un public et qu'on va pouvoir partager notre vision. Ici, on a cherché à le faire sans travestir notre propos de fond.»

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