Gilbert Sicotte au faîte de sa carrière cinématographique

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Gilbert Sicotte interprète le rôle de Roland dans Paul à Québec.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À 67 ans, un acteur de cinéma peut légitimement faire un bilan de sa carrière. Pour Gilbert Sicotte, c'est une démarche embêtante puisqu'on a l'impression que chez lui, le meilleur est encore à venir. Il a offert certaines interprétations si exceptionnels ces dernières années qu'il semble au faîte de sa carrière.

Son regard se porte plutôt sur la chance qu'il a eue de se faire offrir de beaux rôles. «Il y a eu une période de ma carrière où j'ai peu joué au cinéma, notamment parce que j'ai beaucoup joué à la télé, dans Forcier, par exemple. Mais par la suite, j'ai connu une sorte de relance grâce à Stéphane Lapointe (La vie secrète des gens heureux) qui avait écrit un rôle pour moi et par la suite, ça s'est enchaîné.»

L'acteur parle notamment de deux réalisateurs avec lesquels il a travaillé ces dernières années: Stéphane Lafleur (Continental, un film sans fusil) et Sébastien Pilote (Le vendeur), deux représentants d'une certaine nouvelle vague du cinéma québécois avec des propositions originales et acclamée par la critique.

Or, que ces jeunes loups pensent à lui est un cadeau inespéré. «C'est fantastique. Ils sont d'une autre génération et ils m'ont voulu pour d'autres raisons que les réalisateurs de la génération précédente. Ils m'amènent dans de nouvelles zones que je représente à leurs yeux et qui sert leur propos. Leur écriture est très personnelle et ils apportent quelque chose de complètement différent, de complètement nouveau. J'adore participer à cette dynamique-là.»

Le personnage du Vendeur, qui lui a valu tant d'éloges et un prix Jutra du meilleur acteur, était pourtant très exigeant. «C'est vrai, convient-il, mais je sentais ce personnage-là. J'avais envie de le jouer. C'était un univers qui combinait toutes sortes de références personnelles qui me parlaient beaucoup. Il faut qu'un rôle m'envahisse, qu'en relisant le scénario, des images viennent et me parlent. Après, ce sont des aspects comme le réalisateur, le lieu du tournage, l'époque qu'on incarne qui vont m'inspirer, influer sur mon jeu.»

Plus qu'un métier, jouer est, pour lui, une expérience. Que dire alors de l'expérience que constituait le rôle de Roland dans Paul à Québec, qui sort ces jours-ci sur les écrans? «Ce film-là, pour moi, c'est la famille et ça, ça me parle toujours beaucoup. Roland est un personnage dans l'esprit de celui du Vendeur, un être en voie de disparition; des hommes qui se sont construits tout seuls et qui arrivent à une étape de leur vie où ils sont confrontés à une épreuve déterminante.»

«Ce sont des personnages comme on n'en retrouve plus chez les jeunes aujourd'hui. Si je regarde mes propres enfants, leur carrière ne prendra pas ce genre de courbe d'une autre époque. Aujourd'hui, ils ont deux ou trois projets simultanément, travaillent sur un truc pendant un temps, bifurquent sur autre chose, travaillent dans différents pays. Ils sont plus polyvalents.»

Peut-être même, est-il lui-même le représentant d'une autre époque. «C'est drôle comme j'ai souvent l'impression de témoigner de quelque chose qui nous est antérieur. Comme si j'étais porteur d'histoire, en quelque sorte», rigole-t-il à travers sa réflexion.

Gilbert Sicotte voue d'ailleurs au cinéma un respect que d'aucuns pourraient voir comme anachronique. «Pour moi, un film est fait pour rester, davantage qu'une série télé. C'est une oeuvre d'art: on ne devrait pas faire un film juste pour faire un film. Il faut qu'il soit porteur d'un propos important, significatif.»

Dès la lecture du scénario de Paul à Québec, il a été convaincu de la facture foncièrement cinématographique de l'oeuvre. «Tous les personnages sont dessinés avec précision en très peu d'indications. Dès la première scène du film, les personnages sont réunis et on les découvre tous en un instant incluant leur rôle dans la dynamique familiale. On comprend plein de choses quasiment instinctivement, chaque personnage est clairement cerné par deux ou trois répliques. Ça, pour moi, c'est du cinéma.»

«L'autre chose qui m'a beaucoup plu du personnage, c'est que son parcours est très clairement défini dans le scénario. Je sais d'où il part et où il s'en va. L'histoire le porte et moi, je peux faire confiance à ce mouvement-là. Je n'ai qu'à m'abandonner à cette histoire.»

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