Avec Les maîtres du suspense, Stéphane Lapointe s'est permis le film de ses rêves

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Stéphane Lapointe

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On a beau fouiller dans la feuille de route du réalisateur Stéphane Lapointe, on ne voit nulle part d'oeuvres semblables au film qu'il présente ces jours-ci et dont il a écrit le scénario en plus d'en assurer la réalisation. Les maîtres du suspense est une comédie noire ambitieuse qui explore les méandres de la création avec une réjouissante ironie qui glisse à l'occasion vers le grinçant.

Lapointe n'est pourtant pas un nouveau-venu. À la télévision, il a réalisé des épisodes de Mauvais Karma et toute la série Tout sur moi ou Hommes en quarantaine et, en 2006, au cinéma, il a réalisé et écrit La vie secrète des gens heureux. Le film qu'il présente aujourd'hui a été mûri pendant cinq ans incluant près de quatre années d'écriture.

«Avec les producteurs Pierre Even et Marie-Claude Poulin, quand on a eu cette idée de départ des écrivains en panne d'inspiration qui doivent produire un roman, on a senti tout le potentiel. On savait qu'on pourrait l'emmener loin.» 

Or, la colonne vertébrale de ce film, comme de la plupart des oeuvres cinématographiques de valeur, c'est assurément son scénario. «Je n'aime pas le cabotinage ou les blagues faciles sur lesquelles on peut asseoir un scénario, explique-t-il. Je savais que je devais créer des personnages forts, crédibles. Dès qu'on a ça, on peut les entraîner dans des aventures aussi folles qu'on veut et ça reste plausible.»

Pendant quatre années de strict travail d'écriture, il n'a cessé de peaufiner son scénario. «Quand on a du temps, on peut laisser mûrir son scénario. On l'abandonne quelques mois et quand on le reprend, on a un nouveau regard qui permet de mieux voir les faiblesses. C'est comme ça qu'on peut l'améliorer jusqu'à ce que ça tienne solidement la route. À partir d'un scénario solidement ficelé, je pouvais me permettre de parler de sujets qui me tiennent à coeur: la création artistique ou les folies que quelqu'un peut faire par amour. Mes trois principaux personnages le démontrent: un écrivain qui triche pour conserver l'amour du public, un second veut conserver l'amour de sa famille et le troisième qui est prêt à tout pour retrouver une fille qu'il aime.»

«J'ai besoin que mes personnages vivent des drames forts pour justifier la folie qui les emporte. Ce film-là aurait pu tout aussi bien être un drame et c'est le type de comédies que j'aime. Faire du léger pour le plaisir du léger, ça ne me tentait pas. Bien sûr, je possède les outils du scripteur en humour, pour saupoudrer des gags ici et là, un peu à la façon d'un Neil Simon ou de Woody Allen, mais à la base, je bâtis une histoire plausible et plutôt dramatique à laquelle mes personnages réagissent avec une maladresse involontaire qui crée le comique de situation.»

Cette histoire mène même ses trois protagonistes principaux jusqu'en Louisiane pour un total dépaysement. «L'avantage d'envoyer mes personnages aussi loin, c'est qu'ils se retrouvent sans repères, ce qui agit comme un révélateur de leur personnalité. Ce qui ne gâte rien, c'est que l'endroit est particulièrement sexy sans compter qu'il y a là-bas le fait français qui me permettait de ne pas faire parler mes personnages locaux en anglais. Ajoutez le décor de la Nouvelle-Orléans, le jazz, le vaudou... De bons éléments à exploiter.»

En pouvant également miser sur une distribution de qualité incluant Michel Côté, Robin Aubert et Antoine Bertrand en plus de l'actrice française Maria de Medeiros, Lapointe estime avoir pu, pour y arriver, compter sur sa bonne étoile et un budget, considérable pour le Québec, de 6 millions $. «L'important, c'est que je n'ai pas été limité dans ma créativité. Un film repose d'abord et avant tout sur la qualité de son scénario et écrire, ça ne coûte rien. Une intrigue solidement ficelée, ça permet toutes les folies sans que le public ne décroche.»

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