Les maîtres du suspense tient ses promesses

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Les péripéties des maîtres du suspense entraînent les trois principaux protagonistes jusqu'en Louisiane où ils font connaissance avec le vaudou dans des circonstances plus ou moins agréables comme en font foi les visages de, de gauche à droite, Robin Aubert, Michel Côté et Antoine Bertrand.

PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE

Le NouvellisteFrançois Houde 3/5

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Vous vous êtes sans doute déjà demandé, à la lecture de l'oeuvre d'un de vos romanciers préférés, où il prenait toutes ces idées qui vous ont étonné au cours de la lecture. Vous est-il venu à l'esprit qu'elles pourraient ne pas venir de l'auteur que vous portez aux nues mais d'un inconnu particulièrement doué qui vendrait ses services?

Les polars à succès de Hubert Wolfe (Michel Côté) se vendent comme petits pains sortant du four mais il n'a pas écrit une seule ligne des plus récents. Depuis des années, il a recours à la plume de Dany Cabana (Robin Aubert), obscur romancier dont les propres romans jaunissent sur les tablettes avant de faire connaissance avec le pilon. À l'approche de la date de tombée prévue pour son plus récent, Wolfe revient trouver Cabana qui n'a plus envie d'écrire ni pour un autre, ni pour des peanuts. Devant la substantielle somme proposée, cependant, il cède.

Par contre, comme sa vie est sens dessus dessous, l'inspiration ne le visite plus guère, lui non plus. C'est en voyant l'éducateur de la garderie de son fils raconter aux petits des histoires passionnantes qu'il vient à Cabana l'idée de lui demander d'être son nègre à lui.

Quentin (Antoine Bertrand), un homme immature, introverti et complètement écrasé par sa marâtre de mère, se met au travail et crée un roman original, brillant, mais exempt de scènes sulfureuses qui ont fait le succès de Hubert Wolfe. Dany a l'idée d'envoyer à Quentin une fille magnifique et délurée pour l'inspirer en lui apprenant les rudiments de l'amour charnel. Ça ne serait pas une si mauvaise idée si ça ne se mettait à déraper.

Un film, ça s'écrit

Bien peu de films échappent à une règle de base: c'est la qualité du scénario qui fait un bon film. Or, ici, on a un scénario ficelé comme un saucisson de Lyon (miam!) qui nous offre une comédie rythmée, sans temps mort, et au cours de laquelle on accepte sans rouspéter toutes les propositions du scénariste et réalisateur Stéphane Lapointe.

Ça ne réinvente certes pas le genre et on ne fait pas dans le grand art mais

Les  maîtres du suspense n'en a pas la prétention; il a été conçu comme un bon petit divertissement qui ne veut pas ennuyer et susceptible de déclencher quelques rires.

Stéphane Lapointe (La vie secrète des gens heureux, Tout sur moi) en profite pour nous présenter des personnages atypiques mais crédibles et nous faire voyager un peu, jusqu'en Louisiane en fait, ouvrant la porte à quelques rebondissements dramatiques qui donnent du tonus à son récit qui ne s'encroûtait pourtant pas dans son Montréal d'origine. 

Si les revirements ne manquent pas, on ne doute jamais qu'il s'agit d'une comédie sans que le réalisateur ait senti le besoin de marquer trop lourdement ses gags. On sourit surtout aux situation ou plutôt à la façon qu'ont les personnages, bien typés, de réagir à ce que le récit leur envoie. Fidèles à une autre règle de base, les acteurs jouent les situations plutôt que l'humour et le résultat est tout à fait satisfaisant.

Une partie du succès va aux directeurs de casting, Daniel Poisson et Pierre Pageau, qui ont réussi à convaincre plusieurs interprètes bien choisis. Du trio de tête, c'est Robin Aubert qui est le plus impressionnant. On ne le voit tout simplement pas jouer et il s'avère aussi juste dans la comédie qu'il l'est habituellement dans les drames.

À ses côtés, Michel Côté est quand même un peu pâlot, un peu empêtré dans ses tics d'acteur. Cela tient-il à ce qu'on l'a beaucoup vu au cinéma ou au fait qu'il ne se transforme guère d'un rôle à l'autre? Je ne saurais dire mais il est éclipsé par ses deux comparses. Antoine Bertrand n'arrive pas tout à fait au niveau de Robin Aubert mais il trouve ici un personnage qui sied particulièrement bien à son talent avec son côté enfantin et atypique.

Le film a été réalisé avec 6 millions $ et il ne trahit en aucune façon les limites relatives de son budget, quand même considérable selon les normes québécoises. On ne sent pas de compromis. Les maîtres du suspense a été conçu pour divertir et il y arrive fort bien. Ça ne s'adresse pas particulièrement aux enfants, même s'il n'y a pas de stricte contre-indication mais pour un moment de détente en famille pendant le temps des Fêtes, c'est tout à fait recommandé.

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