La candeur au coeur d'Henri Henri

Martin Talbot... (Photo: La Presse)

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Martin Talbot

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Difficile de parler de Martin Talbot comme d'un débutant au cinéma même si, avant Henri Henri qui est sorti sur les écrans jeudi, le jeune homme n'avait tourné aucun long métrage. C'est qu'il a quand même plusieurs courts métrages à son actif et la réalisation de la comédie télévisée Les Parent depuis quatre ans.

Il reste qu'un long métrage marque une étape dans une carrière de cinéaste. Une étape qu'on devine exaltante et espérée mais également contraignante et ardue. Ce n'est pas forcément le cas. «En fait, j'ai trouvé ça plus l'fun à réaliser que des courts métrages, par exemple, dit Martin Talbot. Tu peux aller plus loin comme créateur et finalement, j'ai trouvé le processus plus facile. J'ai pu me créer un univers en entier parce que le film l'exigeait. J'ai assurément eu énormément de plaisir à faire tout ça.»

Avec ce film très personnel, Talbot se permet d'explorer un genre, celui du conte, assez peu visité au Québec. Son choix étonne mais le cinéaste, lui, n'a jamais pensé concevoir son premier film autrement.

«Le scénario de Henri Henri vient d'une idée que j'ai eue il y a quelques années, explique-t-il. J'avais écrit un synopsis et je l'ai laissé dormir dans un tiroir jusqu'à ce que mon agent me pousse à le sortir pour en faire un scénario. Il y a eu plusieurs versions, mais ça a toujours été imaginé sous la forme d'un conte qui est à cheval entre la réalité et l'irréel, je dirais. Cette histoire-là m'habitait et je me suis aperçu que c'était une bonne chose que le synopsis ait dormi dans mes tiroirs pendant des années parce qu'il fallait que l'histoire mûrisse en moi pour étoffer le scénario qui devait suivre.»

Faire évoluer son histoire dans un univers imaginé impliquait que son scénario soit très étoffé, impeccable, pour que les spectateurs acceptent de le suivre dans son imaginaire. Le moindre détail qui aurait cloché aurait justifié que le public décroche.

«Le plus gros défi aura certainement été ce scénario qui devait être très complet, détaillé et cohérent. J'ai été un peu inspiré par des films de Jacques Demy comme Les demoiselles de Rochefort dont mon film a un peu la facture. Ce film est truffé d'aspects invraisemblables et pourtant, on embarque.

Je pense que c'est grâce à la qualité des personnages alors, je savais que mes propres personnages devaient être bien conçus. Je les ai imaginés plus grands que nature pour marquer l'univers. Une autre inspiration est Being There, le film de Hal Ashby avec Peter Sellers. Mon personnage central est lui aussi un être naïf qui ne semble pas avoir beaucoup à dire mais il est pourtant le moteur qui fait tourner l'histoire.»

Son Henri Henri est un être complètement candide, comme il dit l'être lui-même. «Henri est mon alter ego, en quelque sorte, avoue-t-il. Je suis comme ça dans la vie. Malgré tout ce qui se passe de dramatique dans nos existences, pour moi, il y a toujours de l'espoir. Je vis comme ça: la candeur a été le moteur de ma vie. Je me dis que tant que quelqu'un a la capacité de croire en quelque chose et de sourire devant les épreuves, il peut passer à travers n'importe quoi. Cela dit, je peux aussi être ironique et grinçant mais c'est simplement que je trouve que le cynisme ne fait avancer personne.»

«J'ai préféré exploiter le créneau de la résilience. À mes yeux, avec la résilience, on peut tout réaliser ce qu'on veut dans la vie. Mon personnage de Henri, quand on le frappe, il tend l'autre joue et poursuit son chemin. Par ailleurs, il suit les signes, fait confiance à la vie. Je ne sais pas à quel point le public peut être réceptif à pareil message mais j'espère qu'il le sera. J'ai voulu que le film soit teinté d'une couleur positive. Dans le monde un peu fou qui est le nôtre, il est important de nourrir l'espoir. Pour moi, finalement, Henri Henri est un film sur l'espoir.»

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