Une vie comme un roman d'aventures

Pierre de Sales Laterrière...

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Pierre de Sales Laterrière

 

Louis Caron
Le Nouvelliste

(Collaboration spéciale) Il serait né en 1743 ou en 1747. D'aucuns mentionnent même 1740. En tout cas à une époque qui ne se laisse pas facilement pénétrer par le regard d'aujourd'hui. Notre héros est né à Saint-Salvy, dans le diocèse d'Albi, aujourd'hui situé dans le département français du Tarn.

Comme il n'était pas l'aîné de la famille, ses perspectives d'avenir s'en trouvaient réduites. Mais voici que survient l'oncle Paschal Fabre-Rustan, de retour du Canada. L'oncle Rustan s'intéresse au sort du jeune Pierre et propose de lui ouvrir les yeux sur le monde avant de l'expédier au Canada.

Le protégé de l'oncle Rustan séjournera donc à Toulouse, Bordeaux, Rochefort, La Rochelle, Paris et finalement Londres. En route, on l'initiera à l'art des noeuds marins, un peu à la médecine et même à la franc-maçonnerie.

Pierre s'embarque pour Québec en 1766. L'oncle Rustan l'a mis en rapport avec une de ses proches connaissances, un négociant protestant du nom d'Alexandre Dumas. Celui-ci retient les services du protégé de Rustan à Québec pour écouler les produits fabriqués aux Forges du Saint-Maurice dans la région de Trois-Rivières.

Il assiste à l'occasion les docteurs Badelard et Duberger à Québec et à Montmagny, pour finalement accepter de devenir commis aux Forges du Saint-Maurice. C'est là que la vie de Pierre de Sales Laterrière va prendre un cours inattendu, à cause d'une femme.

Les Forges du Saint-Maurice sont une entreprise minière et industrielle établie en 1730 au nord de la ville de Trois-Rivières. Alors qu'il est nommé inspecteur des travaux aux Forges du Saint-Maurice, Pierre de Sales Laterrière fréquente Catherine Delezenne depuis environ trois ans. Elle n'est pas la première venue.

Elle est la fille d'un orfèvre bien connu, Ignace-François Delezenne, qui accorde la main de Catherine à Christophe Pélissier, qui est à la fois son ami et le directeur des Forges du Saint-Maurice. Commence alors une époque trouble où les amants vivent plus ou moins en concubinage sous les yeux du mari qui est en même temps le patron de l'amant. Le mari évincé finira par mourir en France en octobre 1799 et Pierre et Catherine s'épouseront après une vingtaine d'années de vie commune parsemée d'embûches.

Après avoir obtenu un diplôme de docteur en médecine de l'université Harvard, aux États-Unis, Pierre de Sales Laterrière pratique la médecine sur le rive sud du Saint-Laurent, en face de Trois-Rivières, tout en s'adonnant à la spéculation foncière. Il sera tour à tour propriétaire terrien à Bécancour, apothicaire à Gentilly et médecin à Baie-du-Febvre.

Pierre de Sales Laterrière retournera en France une dernière fois en compagnie d'un de ses fils pour réclamer en vain sa part de l'héritage familial. De retour au pays, il confirmera la valeur de son nom en achetant la seigneurie des Éboulements. C'est donc dans la peau d'un seigneur qu'il mourra le 14 juin 1815. Il est inhumé dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame de Québec.

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