377,6 millions $ pour les usines Kruger

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a... (François Gervais)

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a profité de l'annonce pour visiter l'usine Kruger-Wayagamack et serrer la main des travailleurs.

François Gervais

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Après avoir sauvé l'usine Wayagamack d'une fermeture certaine au tournant des années 2000, Joseph Kruger II vient d'assurer sa pérennité dans une transaction de 377,6 millions de dollars, soutenue par le gouvernement du Québec à la hauteur de 104,4 millions de dollars.

S'appuyant sur une technologie innovatrice utilisant des filaments cellulosiques, technologie développée par la filiale Kruger Biomatériaux, l'entreprise procédera à la modernisation de sa division Wayagamack et de son usine de Brompton, en Estrie, ce qui préservera les 576 emplois existants dans ces deux régions, dont 328 uniquement à Trois-Rivières.

La transaction financière conclue entre Kruger et le gouvernement du Québec vise donc à soutenir la diversification de sa production au vu de la croissance du marché des papiers de spécialité, tels que les papiers alimentaires, d'emballage et d'étiquetage. 

«C'est une période stimulante chez Kruger», a lancé le grand patron, vendredi, devant un parterre d'invités, dont le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

Celui-ci est venu confirmer ce partenariat en vertu duquel Investissement Québec, à titre de mandataire du gouvernement, accorde des prêts et une garantie de prêt totalisant 59,8 millions $, et acquiert une prise de participation de 37,5 %, soit 44,6 millions $, dans la nouvelle entité Papiers de spécialité Kruger Holding S.E.C. Celle-ci regroupe les actifs des usines de Brompton et Wayagamack, ainsi que la Centrale de cogénération à la biomasse adjacente à l'usine de Brompton.

Pour réaliser ce projet de diversification, Papiers de spécialité Kruger Holding S.EC. investira 107,5 millions $ au cours des trois prochaines années pour permettre aux usines de Brompton et Wayagamack de réduire graduellement la production de certains produits en décroissance, tels que le papier journal et le papier pour magazines, tout en accédant à de nouveaux marchés en croissance à travers le monde. De ce montant, 32,9 millions sont réservés à l'usine Wayagamack et 22,3 millions de dollars, à l'usine du boulevard Gene-H.-Kruger. 

C'est que la stratégie de diversification s'appuie sur la complémentarité des différentes opérations de l'entreprise et c'est pourquoi le projet prévoit des investissements, entre autres, à l'atelier de pâte thermomécanique de l'usine de Trois-Rivières, qui approvisionnera les usines de Brompton et Wayagamack en matière première.

À toutes ces sommes s'ajoute la valeur des transferts d'actifs, d'où le montant total de 377,6 millions de dollars. Parmi les autres retombées importantes de ce projet, l'approvisionnement supplémentaire en copeaux, à raison de 100 000 tonnes métriques de plus par année, aura un impact positif direct sur le secteur du sciage au Québec.

«Dans une économie en constante évolution, le Québec doit tirer avantage des occasions d'affaires qui permettent de conquérir de nouveaux marchés. Des entreprises comme Kruger contribuent à la vitalité économique des régions du Québec, dont la Mauricie», a commenté le premier ministre.

Pour sa part, la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, a souligné la capacité d'innover des entreprises québécoises. «C'est avec grande fierté que notre gouvernement s'associe aux entreprises manufacturières de l'industrie de la transformation forestière, comme Kruger, qui misent sur l'innovation», a-t-elle indiqué.

Si le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a rappelé que le Québec avait perdu la moitié de ses 60 usines papetières au cours des vingt dernières années, d'où son admiration envers Kruger, sa collègue Julie Boulet jubilait par rapport à cette annonce.

«C'est une grande journée. Grâce à l'expertise qui sera déployée à l'usine Wayagamack, Kruger pourra assurément se distinguer comme chef de file dans le créneau de la fabrication de papiers spécialisés», a fait savoir la ministre responsable de la Mauricie. Une opinion partagée par le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard.

Les sommes investies serviront à l'acquisition de nouveaux équipements de production, la modification d'équipements existants, des améliorations techniques pour accroître la productivité, ainsi que diverses mesures d'efficacité énergétique.

La nouvelle entité des Papiers de spécialité de Kruger fournira des produits en forte demande en raison des changements dans les tendances de marché au Québec et à travers le monde, en particulier la demande accrue pour les emballages écologiques et la popularité grandissante du commerce en ligne.

Quelques exemples de ces nouveaux produits de spécialité incluent des papiers pour emballages alimentaires, les produits d'étiquetage (papier siliconé) et le papier couché pour impression numérique sur presses à jet d'encre qui permettent notamment d'imprimer des catalogues et circulaires à grand tirage avec personnalisation pour le publipostage ciblé. Les papiers de spécialité développés par Kruger seront innovateurs et offriront plusieurs avantages concurrentiels, notamment l'ajout de filaments de cellulose (FC). Ce biomatériau de nouvelle génération est un additif de renforcement exclusif à Kruger, fabriqué dans la toute première usine de FC au monde construite à Trois-Rivières en 2014.

«Ça marque le début d'un nouveau chapitre», a déclaré François D'Amours, vice-président principal et chef de l'Exploitation, Papiers pour publications, chez Kruger.




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