DigiHub: Shawinigan veut devenir un centre de référence au Québec

Michel Angers, maire de Shawinigan; Philippe Nadeau, directeur... (Stéphane Lessard)

Agrandir

Michel Angers, maire de Shawinigan; Philippe Nadeau, directeur général du DigiHub; Nancy Déziel, présidente du Réseau Trans-tech et Stéphane Pipon, membre du comité de rédaction du manifeste, souhaitent que toutes les régions du Québec s'unissent pour créer des réseaux de hubs innovants.

Stéphane Lessard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La croissance du DigiHub de Shawinigan attire l'attention, au point où un manifeste collectif sera présenté dans le cadre du 5e Forum des idées pour le Québec la semaine prochaine, afin de proposer l'implantation de réseaux régionaux de hubs innovants un peu partout sur le territoire. Le maire, Michel Angers, assure qu'il glissera un mot pour que sa propre station du numérique soit reconnue comme centre de soutien.

Le projet germe depuis plusieurs mois. Vendredi matin, le fruit de cette réflexion, couchée sur un manifeste de 16 pages, a été dévoilé dans les murs de l'ancienne Wabasso. Dix-neuf signataires, dont le maire de Shawinigan ainsi que le directeur général du DigiHub, Philippe Nadeau, énoncent une série de propositions, dont la principale consiste à implanter un réseau régional de hubs innovants dans chaque région du Québec. La démarche devra respecter les caractéristiques locales de chaque milieu, de sorte que l'objectif ne consiste pas à répéter des DigiHub à travers la province, mais plutôt de se servir de la magie du numérique pour transformer les tissus économiques locaux, selon les forces de chacun.

«La demande vient directement du premier ministre, Philippe Couillard», raconte M. Angers. «Lors d'une visite à Shawinigan, il avait été fortement impressionné par notre écosystème. Il aurait aimé que ça s'étende un peu partout à travers le Québec. Nous avons donc décidé de nous regrouper et de préparer un manifeste, qui sera présent au Forum des idées.» Cet événement se déroulera du 8 au 10 septembre, à Saint-Hyacinthe.

La création de ces réseaux permettrait de contrebalancer un peu le pouvoir d'attraction de Montréal et de Québec, surtout auprès des jeunes qui estiment trop souvent que leur avenir passe par ces grands centres. La démarche marque aussi une autre étape vers l'élimination des rivalités régionales, souvent contre-productives compte tenu de la superficie du terrain de jeu de l'économie moderne.

«Les grands centres ont beaucoup de moyens, une densité très forte de population, avec beaucoup d'universitaires», énumère M. Angers. «Les régions n'ont pas les mêmes moyens. Il faut donc innover de façon différente.»

Le maire de Shawinigan considère qu'il existera un fil conducteur dans cette approche.

«L'objectif poursuivi demeure le développement de la fibre entrepreneuriale», indique-t-il. «Mais je ne vous cacherai pas que, de façon transversale, le numérique doit prendre une place importante dans chaque hub innovant. Ceux qui ne se servent pas du numérique reculent aujourd'hui. À Shawinigan, depuis que nous sommes entrés de plain-pied dans cette ère, on sent à quelle vitesse ça avance.»

Par la magie de la vidéoconférence, le lancement s'est déroulé en présence de représentants de Lac-Mégantic et de Gaspé, signataires du manifeste et tout aussi enthousiastes à l'idée de créer ces réseaux.

«Nous avons notre particularité, avec nos efforts de reconstruction», rappelle Marie-Claude Arguin, directrice générale de Lac-Mégantic. «Même n'eut été de la tragédie, nous aurions été signataires parce que nous sommes en région, ce qui apporte des forces mais aussi, des défis. Signer ce manifeste, c'est dire publiquement qu'ensemble, on est plus forts, on va plus loin, on va plus vite, on fait mieux.»

«On ne vise pas à réinventer la roue», prévient Frédéric Côté, président de la Chambre de commerce et de tourisme de Gaspé. «On veut appuyer ce qui est en place pour aller plus loin. Le Québec dispose déjà d'outils fort pertinents. Avec cette proposition, on veut passer au niveau suivant, celui du 21e siècle.»

De son côté, M. Nadeau prend connaissance à chaque semaine de l'importance du transfert de connaissances, avec les nombreuses visites de délégations d'un peu partout au DigiHub.

«Nous sommes témoins des efforts des autres villes, victimes d'exode, isolées, qui s'essoufflent dans une spirale sans fin», constate-t-il. «Mais nous pouvons y mettre un terme. Les régions du Québec sont une mosaïque de terroirs, aux richesses insoupçonnées. Il faut répartir nos ressources, partager nos connaissances, coopérer, ne plus travailler en vase clos. L'innovation n'a pas de frontières. Elle doit s'épanouir au bénéfice de tous.»

Centre de soutien

Le manifeste suggère de créer un centre de soutien pour appuyer le réseau national. Par son expertise, il pourrait fournir divers services. Cette volonté attire évidemment l'attention du maire de Shawinigan.

«Nous pouvons jouer un rôle prépondérant», convient M. Angers. «La démarche origine d'ici. Nous sommes sollicités et visités par de nombreuses villes du Québec, de la France, de l'Afrique. S'il se crée un centre d'appui, évidemment, Shawinigan va lever la main.»

Le lancement de ce manifeste et la création de réseaux régionaux de hubs innovants annoncent sans doute une contribution gouvernementale importante pour que tout tombe en place au cours des prochaines semaines.

«Le gouvernement du Québec souhaite, à travers son forum des idées, que les régions lèvent la main pour contribuer au développement», fait remarquer M. Angers. «Il faut donc nous donner les moyens de nos ambitions.»




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer