Un robot trifluvien dans les centres de tri?

Avec un investissement initial d'un million de dollars,... (Sylvain Mayer)

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Avec un investissement initial d'un million de dollars, les fondateurs Éric Camirand, directeur technique, Michel Laforest, vice-président développement des affaires, Pier Grenon, vice-président produits et Jean-Pierre Thibodeau, vice-président développement, lancent, un an après la mise sur pied de la compagnie, leur premier robot.

Sylvain Mayer

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Albert Brunelle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dès 2022, toutes les municipalités du Québec devront trouver une alternative à l'enfouissement des matières organiques de leurs citoyens. Alors qu'une multitude d'entre elles optent pour l'ajout d'un troisième bac, une entreprise installée à Trois-Rivières propose une solution alternative.

Jeudi, l'entreprise Waste Robotic a lancé la première version de son robot spécialisé dans le tri des matières résiduelles. L'innovation est impressionnante. Conçu pour être installé à l'entrée des centres de tri, le robot a la taille d'un VUS et surplombe un convoyeur servant à acheminer les déchets dans l'usine. 

Passant sous la machine, le produit de l'entreprise est doté de caméras qui analysent ce qui se trouve sur le convoyeur et sépare les différents éléments.

L'invention se positionne donc comme une solution de rechange face aux bacs bruns qui voient le jour un peu partout au Québec. «D'ici 2022, on n'aura plus le droit d'enfouir nos matières organiques. Beaucoup de municipalités optent alors pour le bac brun afin de les ramasser. Par contre, ça implique plus de camions pour faire la collecte ainsi qu'un gros investissement pour les acheter. Avec notre système, on se place comme une alternative qui fait économiser énormément d'argent aux municipalités», explique Éric Camirand, directeur technique chez Waste Robotic.

Ainsi, les municipalités qui désirent se munir d'un tel système n'auront pas à demander aux citoyens de composer avec un troisième bac. Toutefois, des sacs verts compostables sont nécessaires afin de permettre aux caméras de repérer les matières organiques. Les citoyens devront donc placer leurs détritus dans le sac avant de le jeter dans la poubelle noire traditionnelle.

Le coût d'une de ces machines s'élève à 700 000 $ et, si l'on en croit M. Camirand, l'investissement se rentabilise en deux ans. «Le problème des centres de tri c'est qu'ils ont été conçus dans les années 80 et 90 où la mentalité était celle du cheap labour. Aujourd'hui, même si les salaires restent relativement peu élevés, l'employeur doit débourser une multitude de montants relatifs aux normes du travail. L'industrie de la gestion des matières résiduelles va connaître la même transition que celle de l'automobile quand les machines sont arrivées, c'est beaucoup plus rentable», indique-t-il.

Selon lui, une usine de gestion des matières résiduelles pourrait économiser de 20 % à 30 % par année en adoptant sa machine.

Même si, comme en Mauricie, plusieurs municipalités ont arrêté leur choix sur le bac brun, M. Camirand assure que les perspectives de croissance sont bonnes pour l'entreprise. Après

seulement un an d'existence, une machine a déjà été vendue à Minneapolis, au Minnesota, et le carnet de commandes en comprend déjà deux autres pour l'année à venir.

«On compte actuellement 10 employés et, dès l'année prochaine, on tombera probablement à 25 employés. La demande est là et il y a peu de compétiteurs», croit le directeur technique.

Alors que le siège social est situé à Québec, l'équipe de Waste Robotic a tout de même cru bon de choisir Trois-Rivières comme lieu de production. «Premièrement, il y a le Fonds de diversification économique de Trois-Rivières qui est un incitatif pour nous. Ensuite, il y a une belle expertise en région et beaucoup de fournisseurs autour. Finalement, Trois-Rivières, c'est central comme position. Entre Montréal et Québec, c'est facile de couvrir un large territoire à partir d'ici», témoigne Éric Camirand.

À court terme, l'entreprise n'entend cependant pas déménager son siège social à Trois-Rivières. «On cherche toujours à s'entourer des meilleurs employés et, actuellement, Québec nous donne accès à un large bassin d'employés performants», conclut-il. D'ailleurs, la Ville de Québec aurait déjà annoncé vouloir faire l'acquisition d'une de leurs machines.

Une technologie améliorée

«Ce qui semblait pratiquement impossible à réaliser il y a quatre ou cinq ans devient maintenant envisageable grâce à l'effervescence autour de l'intelligence artificielle et de ses logiciels», souligne M. Camirand.

La comparaison avec leur plus proche compétiteur tend à confirmer que l'intelligence artificielle connaît une croissance exponentielle. «Notre compétiteur est finlandais. Ils ont commencé il y a huit ans, mais, à l'époque, la technologie était beaucoup moins intéressante. Avec ce qui se fait aujourd'hui, on a réussi à les rattraper à 80 % en une seule année d'existence», rend compte le directeur technique.

Consciente qu'il y a de la place pour la compétition sur le marché, l'équipe de Waste Robotics est actuellement à breveter deux portions de leur robot. «Même si les brevets sont importants, ce qui est le plus payant c'est notre rapidité d'innovation», explique M. Camirand.

Alors qu'aujourd'hui, la technologie de Waste Robotic permet de séparer les matières organiques des autres déchets, M. Camirand indique qu'une deuxième version de la machine est actuellement en conception pour laquelle les possibilités de tri deviendront pratiquement infinies.

«Ce n'est pas le robot qui change, c'est le logiciel qui le fait fonctionner qui s'adapte. On peut jouer avec les paramètres afin de lui faire reconnaître toutes sortes de déchets et remplacer le tri manuel au grand complet. Les possibilités sont inimaginables», explique-t-il.

Connectés en réseau, les robots pourront même apprendre des expériences des autres. En effet, l'entreprise offre un service de maintenance qui lui permet de mettre à jour le logiciel de reconnaissance des déchets. Ainsi, si un nouveau produit est identifié dans une usine de tri, l'équipe va être en mesure de recueillir l'information, de l'intégrer au logiciel et de télécharger l'ajustement sur toutes les autres machines qu'elle aura vendues.




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