Opitciwan: une coupe forestière soulève la colère

Christian Awashish... (photo Isabelle Tremblay, archives Le Quotidien)

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Christian Awashish

photo Isabelle Tremblay, archives Le Quotidien

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(La Tuque) Le Conseil des Atikamekws d'Opitciwan a dénoncé des coupes forestières menées depuis quelques jours «au coeur de son territoire ancestral» sans que la communauté n'ait été consultée et sans avoir donné son consentement.

«La compagnie Rémabec débarque sur notre territoire et, avec la complicité du gouvernement, vient détruire notre environnement comme si on n'existait pas. C'est inacceptable», a déclaré le chef du Conseil des Atikamekws d'Opitciwan, Christian Awashish. «Nous exigeons que les droits des Atikamekws soient respectés et que les opérations de Rémabec cessent immédiatement», a-t-il insisté.

Le Conseil analyse actuellement tous les moyens possibles afin de protéger le territoire et les droits de ses membres.

«Il y a déjà un gros déploiement de machinerie sur place, les travaux vont extrêmement rapidement. Évidemment, il y a deux actions possibles. On veut aller chercher une injonction dans les plus brefs délais pour faire cesser les opérations [...] Si jamais ça ne fonctionnait pas, il pourrait y avoir un blocage dans le coin où il y a des opérations», assure le chef Awashish.

Le Conseil d'Opitciwan a fait savoir qu'il avait été prévenu de ces opérations qu'à la fin juin, par le biais d'une lettre du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs qui l'informait qu'une «opération spéciale de récupération de bois» aurait lieu sur le territoire de l'unité de gestion Windigo-et-Gouin. Une zone particulièrement sensible du territoire atikamekw, selon le Conseil.

Opérations malgré l'opposition

Le Conseil d'Opitciwan dénonce vivement de ne pas avoir été consulté. On souligne aussi que «la famille qui occupe ce territoire avait déjà signifié son refus lors de récentes activités d'harmonisation».

«Puisqu'elle occupe ce territoire depuis des temps immémoriaux, de manière continue et exclusive, la famille Weizineau y possède des droits ancestraux, dont un titre, qui sont ainsi bafoués par ces coupes ravageuses. Après avoir été avisées par le Conseil, les autorités gouvernementales ont promis l'arrêt des opérations. Celles-ci ont toutefois continué, causant ainsi des dommages significatifs et irréversibles sur l'environnement et les droits des Atikamekws», a mentionné le Conseil.

Le Conseil affirme avoir reçu une lettre du ministère en début de semaine soutenant que des démarches avaient été entreprises auprès de la compagnie Rémabec «afin que les opérations de récolte puissent être limitées à des secteurs moins

problématiques». 

Le ministère insiste même sur l'urgence de récolter ce bois pour éviter qu'il soit «impropre à la transformation», un prétexte que rejette le Chef Awashish. 

«La protection de nos activités traditionnelles et ancestrales par la protection de la forêt et de l'habitat faunique passe bien avant les intérêts de l'industrie forestière», a-t-il réagi.

Le Conseil a eu des discussions avec le Groupe Rémabec la semaine dernière, mais elles n'ont pas été concluantes.

«On leur a demandé d'arrêter. Ils ont un permis de coupe, et ils voudraient être compensés en échange. On a aussi rencontré le ministère. Ils se lancent la balle», a commenté Christian Awashish.

Le Groupe Rémabec n'a pas retourné nos appels.




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