Les marchés publics veulent plus de localivores

Pidjouma Traoré, directeur du Marché public de Shawinigan... (Sylvain Mayer)

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Pidjouma Traoré, directeur du Marché public de Shawinigan

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Des saucisses préparées devant vous avec de la viande produite localement. Des fromages primés faits par des artisans d'ici. Des vins médaillés issus de vignobles de la Mauricie ou du Centre-du-Québec, de la farine de noix de chêne, du thé des bois, des gâteries à l'érable fabriquées par des acériculteurs régionaux. De bons légumes et des petits fruits de la saison. Les marchés publics de la région ont de quoi surprendre.

«Ici, c'est le goût de la Mauricie», résume Pidjouma Traoré, le nouveau directeur général du Marché public de Shawinigan.

Visiblement enthousiasmé par le potentiel de ce commerce, le nouveau directeur général arrive en poste avec un plan directeur et des idées nouvelles, notamment la publication, dès le 14 juin, d'une circulaire mensuelle papier faisant état des promotions du marché. Éventuellement, elle sera publiée sous forme électronique sur les réseaux sociaux.

«Même à Shawinigan, tout le monde ne connaît pas le Marché», fait-il valoir. «On veut le porter à une autre dimension», dit-il. De quelque 5000 visiteurs par semaine, le Marché souhaite passer à 7000.

M. Traoré veut surfer sur les importantes rénovations réalisées en 2015, dans ce commerce de 113 ans et qui ont eu l'heur d'attirer les curieux et de nouveaux clients, dit-il.

La démarche vaut la peine puisqu'il s'agit du seul marché public de la région ouvert à l'année, les autres étant saisonniers.

Le Marché Godefroy de Bécancour, est de son côté en train de réévaluer son infrastructure physique qui aura sous peu besoin d'un bon rafraîchissement. L'idée de construire une structure permanente qui permettrait d'ouvrir à l'année «fait partie des pistes de réflexion», indique le président, Pierre Duplessis sans s'aventurer plus loin.

Comme à Bécancour et à Shawinigan, les marchés publics de Yamachiche, de Saint-Élie-de-Caxton et de Saint-Narcisse, permettent aux consommateurs de se procurer des produits frais de la région ou transformés par des artisans d'ici et qu'on ne trouve pas tous dans les épiceries à grande surface. Faire son marché dans ce genre d'endroit transforme les simples consommateurs en localivores, c'est-à-dire en personnes qui consomment des aliments locaux, donc provenant d'un rayon de moins de 60 kilomètres de leur municipalité.

«Et il faut considérer le contact humain avec les transformateurs-artisans ainsi que l'ambiance qu'offre un marché public», souligne M. Duplessis en indiquant que le marché public est une expérience qui se vit et qui se goûte.

«Et l'on n'a jamais autant de choix en supermarché que dans les marchés publics», surtout lors des arrivages du matin, signale pour sa part Jean-Nick Trudel, coordonnateur de la Coopérative de solidarité agroalimentaire régionale de la MRC de Maskinongé.

Ce dernier vante aussi les mérites de ces marchés pour leurs effets de diminution des gaz à effet de serre puisque les produits qui y sont vendus n'ont presque pas eu à voyager, contrairement aux fruits exotiques et à bien des viandes, par exemple. «C'est une contribution à l'économie locale et sociale», dit-il.

Selon M. Traoré, «les gens ont de plus en plus de conscience environnementale» et il constate que beaucoup sont prêts à mettre la main dans leur poche pour encourager les productions locales.

Il y a encore beaucoup à faire, toutefois, pour favoriser les marchés publics, estime Jean-Nick Trudel. Ce dernier constate que les permis que doivent se procurer les producteurs pour vendre dans les éphémères marchés estivaux coûtent très cher.

Selon lui, le soutien n'est malheureusement pas suffisant présentement, pour encourager le développement de ce type de commerce. «C'est un peu aberrant d'être sur une terre aussi riche que la Mauricie et d'avoir peu de soutien pour développer d'autres marchés publics, pour soutenir les producteurs qui doivent faire des pieds et des mains pour commercialiser leurs produits», déplore-t-il.

«On voit qu'il y a un engouement pour les marchés publics et que les gens répondent toujours présents. Ce sont des actions communautaires vraiment importantes, mais est-ce qu'on est entendu par Québec? La volonté politique n'est pas vraiment là», estime-t-il.

Malgré tout, les marchés publics survivent et se développent grâce à leur fidèle clientèle. Membre fondateur du Marché Godefroy, Pierre Duplessis est encouragé de constater que les enfants de ses premiers clients, il y a 23 ans, deviennent des consommateurs réguliers de la place. Le nombre de commerçants, lui, est demeuré à plus ou moins 36, bon an, mal an.

Dans le cadre de la Semaine québécoise des marchés publics, la population est invitée à découvrir ces espaces commerciaux très particuliers. Le 13 août, par exemple, le Marché champêtre de Saint-Narcisse et ses 22 exposants se préparent à accueillir les familles pour une journée découverte.




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