Le pari vert du maire Dubois

Philippe Vallières, commissaire industriel chez IDETR, Sandy Marshall,... (Olivier Croteau)

Agrandir

Philippe Vallières, commissaire industriel chez IDETR, Sandy Marshall, directeur exécutif de Bioindustrial Innovation Canada, Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour, et Simon Barnabé, professeur à l'UQTR.

Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) À défaut d'avoir pu l'utiliser pour les grands projets du parc industriel, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois entend bien sortir sa pelle à l'automne afin de lancer les travaux de construction d'un incubateur green tech de 6,6 millions de dollars unique en son genre. Et pour réussir son virage vert, surtout après l'épisode des terres contaminées, il peut compter sur la collaboration de Bioindustrial Innovation Canada.

Son directeur exécutif, Sandy Marshall, était de passage en région jeudi pour y rencontrer les intervenants économiques et politiques. Le visiteur a affirmé que Bécancour devait saisir cette opportunité, à l'instar de Sarnia qui s'est tournée avec succès vers la bioéconomie pour compenser le déclin de l'industrie pétrochimique. D'ailleurs, en avril dernier, le premier magistrat s'est rendu en Ontario, avec une délégation, pour constater ce tournant amorcé il y a une dizaine d'années.

Avec l'aide de différents partenaires et grâce au leadership d'industriels expérimentés, le milieu a su mettre en place l'infrastructure et l'écosystème nécessaires à la commercialisation de technologies vertes.  Et cette concertation a impliqué le monde agricole.

Résultat? BioAmber, une entreprise de produits chimiques de Montréal, de concert avec son partenaire Mitsui, a ouvert il y a deux ans la plus importante installation de fabrication d'acide succinique biosourcé au monde au coeur du pôle chimique de Sarnia-Lambton. À partir de matières premières agricoles, l'usine de 175 millions de dollars fabrique des produits chimiques durables, qui peuvent être utilisés dans un éventail de produits de tous les jours, y compris des plastiques, des additifs alimentaires et des produits de soins personnels. L'usine a créé 60 emplois bien rémunérés, sans compter les centaines d'autres lors de la construction.

«Vous avez le même mélange d'industries et de communautés agricoles. Et la biomasse ne peut être plus locale, on ne peut pas la mettre dans un pipeline ni sur un bateau. On n'est pas en compétition», a fait remarquer M. Marshall lors d'un point de presse tenu à la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.

Bioindustrial Innovation Canada est un organisme de financement en capital de risque et de validation technologique. Pour l'instant, ses interventions financières se limitent toutefois à l'Ontario. «Notre rôle est de supporter l'accélération de nouvelles entreprises», a-t-il précisé.

Au cours des derniers mois, la Ville de Bécancour a fait l'acquisition d'un terrain situé sur la rue Jean-Demers, à l'extrême ouest du parc industriel, dans la zone PME, en vue d'y installer son incubateur. Le maire Dubois caresse cette idée depuis plus de deux ans. Sa tentative de l'implanter dans la bâtisse adjacente au club de golf Gentilly avait échoué, des citoyens du secteur ayant dit non au projet de changement de zonage. Et l'option du site LaPrade n'aura jamais été concluante. 

Le futur incubateur de 33 000 pieds carrés orientera le positionnement de Bécancour dans les créneaux des technologies environnementales et de l'agrotechnologie. Selon la Ville, ce projet cadre parfaitement avec la vocation de Bioindustrial Innovation Canada qui se spécialise en diverses technologies environnementales telles que la chimie appliquée, la pharmaceutique, les biocarburants et les bioprocédés.

Pour sa part, Innovation et Développement économique Trois-Rivières, qui travaille en partenariat avec la rive sud, a mis en place plusieurs initiatives dans un objectif de positionner la région dans le secteur des technologies vertes: visites de repérage, recherches, prospection nationale et internationale et appui à la Ville de Bécancour, pour ne nommer que celles-là.

Par exemple, le commissaire industriel chez IDE, Philippe Vallières, parle de «contacts fort prometteurs» qui furent établis lors du Bio World Congress auprès d'une soixantaine d'entreprises étrangères.

De son côté, le titulaire de la chaire de recherche industrielle en bioéconomie et bioénergie à l'UQTR, Simon Barnabé, n'est pas étranger à l'évolution du projet d'incubateur, via ses recherches et ses conseils ainsi que la création de liens avec le milieu des technologies environnementales.

«L'UQTR est dédiée à la relance des économies régionales. Et c'est une belle opportunité pour Bécancour de se doter d'une vision à moyen et long terme», a-t-il commenté.

Celui-ci souligne que la région «s'inspire beaucoup» des histoires à succès dans le parc industriel de Sarnia. «L'incubateur permettra d'attirer des entreprises et des institutions d'enseignement. C'est un lieu physique pour que les entreprises déploient leurs technologies», ajoute le professeur.

Si le financement est attaché, selon le maire de Bécancour, celui-ci dit toujours attendre les derniers permis à obtenir. Une fois que la faisabilité technique sera complétée et que les démarches réglementaires seront approuvées, Jean-Guy Dubois espère procéder à la première pelletée de terre en novembre prochain, sinon en avril 2018. Et déjà, ce dernier se montre confiant de pouvoir annoncer un premier locataire sur une possibilité de six.

«On est en train d'effectuer un certain virage. C'est un autre de nos bons moments», a conclu celui qui a pour autre priorité... de se débarrasser de ses béquilles!




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer