Développer pour le bien commun

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Jean-Martin Aussant, directeur général du Chantier de l'économie sociale.

La Presse Andre Pichette

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(Trois-Rivières) Comment la société québécoise pourrait-elle promouvoir davantage le développement des entreprises collectives et de l'économie sociale?

C'est à cette question que s'attarderont, mardi, plus de 200 participants au Forum national «Défis communs, solutions collectives», organisé par le Chantier de l'économie sociale et qui prendra place toute la journée à Espace Shawinigan.

Pour le directeur général du Chantier de l'économie sociale, Jean-Martin Aussant, c'était tout naturel de tenir l'activité à Shawinigan, alors que l'équipe cherchait un endroit central afin de rassembler les participants de partout en province, mais également en raison de l'engagement du maire Michel Angers en ce qui concerne le développement des entreprises collectives et l'économie sociale.

«Il y a quelques élus au Québec qui sont des exemples d'ouverture à ce genre de développement et le maire Angers en est un», signale M. Aussant, rappelant que le maire de Shawinigan siège déjà sur le Pôle d'économie sociale de la Mauricie.

En marge de la tournée des régions menée par le Chantier de l'économie sociale, ce forum vise à rassembler des acteurs de différents horizons afin de trouver des pistes de solutions pour soutenir la capacité des entreprises d'économie sociale à répondre aux besoins des collectivités. Un mandat tout de même chargé, quand on sait qu'il reste encore aujourd'hui des préjugés à défaire en ce qui concerne l'économie sociale.

«Les gens s'attardent au mot «social» et définissent qu'il s'agit d'entreprises de lutte à la pauvreté. Mais c'est plus que ça. En fait, ce n'est qu'une différence dans la forme juridique de la création d'une entreprise. Les OBNL et les coopératives sont en soi des entreprises collectives. Ce n'est pas un secteur économique, c'est un mode de développement qui s'applique à tous les secteurs économiques», croit Jean-Martin Aussant, se disant surpris qu'en 2017, le mot «social» ait pu prendre un sens péjoratif pour certains.

«Le Québec est un leader mondial incontesté en économie sociale et ça devrait être un objet de fierté sur lequel on capitalise davantage. Ça représente plus de 10 % de notre PIB. Oui, il y a de grandes entreprises comme Desjardins et la Coop fédérée qui en font partie, mais aussi plus de 7000 entreprises qui créent plus de 210 000 emplois et qui génèrent un chiffre d'affaires de 40 milliards de dollars. C'est autant que le secteur aéronautique, de la construction et des mines mis ensemble», précise M. Aussant.

Un mode de développement, rappelle-t-il, qui mise d'abord sur une mission et une redistribution des profits dans la bonification des services et le mieux-être des collectivités, plutôt que dans l'augmentation des rendements aux actionnaires. Du même coup, l'entrepreneuriat collectif contribue à diminuer les écarts de richesse, croit Jean-Martin Aussant.

Le forum tenu mardi à Shawinigan s'adresse à tous les intervenants du milieu économique, mais vise particulièrement les acteurs du monde municipal, explique M. Aussant.

«Les municipalités ont des défis communs, que ce soit en habitation, en services, en loisirs. Ce sont des défis qui peuvent être comblés par des entreprises collectives. Les élus devraient favoriser ce type d'entreprises, dans un contexte où ils ont plus de responsabilités avec moins de moyens», constate Jean-Martin Aussant, qui indique que les statistiques démontrent qu'après dix ans d'existence, les entreprises collectives ont un taux de survie deux fois plus élevé que les entreprises privées. 

Au terme du forum, une déclaration commune devrait être signée entre le Chantier de l'économie sociale, l'Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités, et le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité.

Politique

Appelé à commenter les récents déchirements survenus entre Québec Solidaire et le Parti québécois, Jean-Martin Aussant a simplement indiqué qu'il ne souhaitait à aucune famille politique de vivre de la bisbille.

«Quand on se recentre sur la mission première, ça évite les bisbilles. Ici, c'est la souveraineté, mais ça pourrait aussi valoir pour les partis fédéralistes. Si la CAQ et le Parti libéral travaillaient ensemble, ils feraient aussi avancer la cause nationaliste», commente-t-il.




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