Grève des ingénieurs: des pertes pour Transport Bellemare

Le président de Transport Bellemare International, Jean-Luc Bellemare,... (François Gervais)

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Le président de Transport Bellemare International, Jean-Luc Bellemare, subit les contrecoups de la grève des ingénieurs de l'État.

François Gervais

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même si les effets de la grève des 1400 membres de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec ont été noyés dans le conflit du secteur de la construction, voilà qu'ils commencent à se faire sentir dans la région en termes de pertes d'emplois et de revenus.

«Depuis cinq semaines minimalement, on ne peut plus oeuvrer en transport routier pour la livraison de caissons, entre autres, pour le pont Champlain», a dénoncé le président de Transport Bellemare International à Trois-Rivières, Jean-Luc Bellemare.

Celui-ci a donc été contraint de retarder la réembauche d'une cinquantaine d'employés alors qu'une trentaine de travailleurs directement affectés au pont Champlain se retrouvent soudainement sans boulot.

«C'est 100 % de l'industrie québécoise présentement qui est prise en otage par le ministère des Transports et leurs ingénieurs. C'est 100 % des entreprises au niveau provincial qui sont dans une impasse et par ricochet, évidemment, les grands chantiers et les développeurs de projets», a affirmé celui qui partage ses doléances avec plusieurs groupes au Québec.

Selon lui, des représentations «civilisées» ont été faites auprès des autorités concernées. «Mais là, ça nous prend un avancement parce que les mises à pied et les dépenses sont réelles. Moi, je mange plusieurs dizaines milliers de dollars par semaine à cause de l'inactivité et cette prise d'otage», avoue M. Bellemare.

Même si la grève générale illimitée des ingénieurs de l'État a été déclenchée le 24 mai, «ils ont commencé à mettre des pressions au début du mois», soutient-il. «C'est arrivé comme une surprise. Ce qu'on faisait au mois de mars, tout à coup, au début du mois de mai, on s'est vu dans l'interdiction de le faire. Rien n'avait changé, on était dans les mêmes configurations, mais par des moyens de pression, le ministère avait changé ses niveaux d'approbation pour refuser systématiquement 100 % des demandes à travers la province. Il n'y en a passé aucune», raconte l'entrepreneur avant de lancer son cri du coeur: «il faut que ça se règle».

Or, M. Bellemare fait remarquer que la situation a un effet domino sur l'industrie manufacturière. «Chez Marmen, ils vivent la situation suivante: si je ne déménage pas leurs caissons, ils ne peuvent plus en produire. Et eux, ils ont d'autres sous-traitants», explique-t-il.

Une situation qui préoccupe grandement le président de Marmen, Patrick Pellerin. Depuis près d'un an, des caissons sont fabriqués à l'usine située près de l'aéroport trifluvien pour être ensuite transportés aux installations madelinoises pour la finition et «il n'y a jamais eu aucun problème». 

Sauf que, dit-il, depuis quelques semaines, les permis nécessaires au transport de ces pièces volumineuses ne sont plus délivrés. «Même avant la grève, il y a eu un ralentissement substantiel. Il y a toujours une banque de caissons au Cap-de-la-Madeleine, mais notre inventaire est en train de diminuer sérieusement. Dans deux semaines, si ce n'est pas réglé, on n'aura plus rien à peinturer et c'est certain que ça va avoir un impact sur l'emploi au Cap. Ça nous inquiète pas mal», prédit l'industriel qui craint un engorgement à sa division de Trois-Rivières.

Pour l'instant, M. Pellerin ne veut pas s'avancer sur le nombre d'emplois en jeu à court et moyen terme. «On essaie de regarder quel genre de gymnastique. On ne dit pas que les ingénieurs n'ont pas des bons points de négociations. On n'est pas partie prenante. On dit juste qu'il y a des impacts et il faudrait que ça se règle parce qu'il y a des tiers partis qui vont payer pour et ils ne sont pas dans le débat», poursuit-il.

Du côté de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, on entend se battre pour obtenir un correctif salarial de 20 % sur cinq ans.

«Comment ça se fait qu'un ingénieur de l'État gagne en moyenne 74 400 $ alors que le salaire moyen d'un technicien chez Hydro-Québec est de 82 200 $. On est en retard de 41 % de rémunération globale avec les autres ingénieurs des autres organisations publiques dans la province», soulève le président Marc-André Martin.

Ce dernier interprète les menaces de loi spéciale comme un manque d'arguments du côté du gouvernement. «Nous, on va tenir notre bout ce coup-ci. Les gens sont derrière nous. Les gens sont mobilisés et très motivés. Ils ont dit: là, ça suffit de rire de nous autres, ils vont arrêter de dire des faits alternatifs pour maquiller la réalité. On a mis notre pied à terre et on compte bien aller jusqu'au bout», conclut celui qui représente, entre autres, 900 ingénieurs du ministère des Transports.




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