Bois d'oeuvre: les travailleurs épargnés

«C'est au Québec que le prix du bois... (La Presse canadienne, Jonathan Hayward)

Agrandir

«C'est au Québec que le prix du bois est le plus élevé, a expliqué mardi le président et chef de la direction de Tembec, James Lopez, au cours d'un entretien téléphonique depuis New York. Les scieries au Québec sont plus à risque qu'ailleurs au pays.»

La Presse canadienne, Jonathan Hayward

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Les travailleurs de l'industrie canadienne du bois d'oeuvre devraient être épargnés par les droits compensatoires décrétés par l'administration Trump tant et aussi longtemps que les prix demeureront élevés, croit Tembec.

L'entreprise québécoise prévient toutefois que le portrait pourrait changer, particulièrement au Québec, si le marché s'essouffle vers la fin de l'année, qui coïncide avec un recul de l'activité dans le secteur de la construction résidentielle.

«C'est au Québec que le prix du bois est le plus élevé, a expliqué mardi le président et chef de la direction de Tembec, James Lopez, au cours d'un entretien téléphonique depuis New York. Les scieries au Québec sont plus à risque qu'ailleurs au pays.»

En dévoilant ses résultats du deuxième trimestre, la compagnie forestière a dit s'attendre à ce que la décision des États-Unis annoncée la semaine dernière fasse grimper les prix du bois et qu'une bonne partie de l'augmentation soit refilée aux acheteurs.

Toutefois, en dépit des craintes de plusieurs joueurs de l'industrie, Tembec n'entrevoit pas de licenciements à court ou moyen terme, a assuré son grand patron.

60 000 emplois au Québec

Au Québec, dans son ensemble, l'industrie forestière compte quelque 60 000 emplois directs en plus de représenter 11,7 % des exportations totales de la province.

Grâce à la vente de scieries en Colombie-Britannique, Tembec estime être dans une position plus avantageuse par rapport au précédent conflit de 2001, et ce, même si un droit compensatoire de 19,88 % est en vigueur depuis lundi sur ses exportations de bois d'oeuvre au sud de la frontière.

«Je n'apprécie pas cette situation, mais l'impact sur les liquidités et le bilan de l'entreprise sera moins significatif cette fois-ci», a affirmé M. Lopez.

Tembec (TSX:TMB) anticipait des droits compensatoires d'environ 25 % et croit que les droits antidumping - qui devraient être dévoilés le 23 juin - seront moins élevés et également rétroactifs.

L'entreprise prévoit payer 9 millions $ en droits rétroactifs, mais M. Lopez s'attend à récupérer cette somme au début de 2018 lorsque les autorités américaines auront terminé leurs enquêtes. Entre-temps, la compagnie devra verser 2,5 millions $ chaque mois en vertu des droits compensatoires en vigueur.

Bien que Tembec dispose des liquidités nécessaires pour continuer à réduire sa dette, les taxes décrétées par l'administration Trump vont freiner les dépenses d'investissement de l'entreprise, a déploré son dirigeant.

M. Lopez a également affirmé qu'il était injuste qu'environ 60 % des entreprises du secteur du bois d'oeuvre soient dans l'obligation d'effectuer des paiements rétroactifs alors que quatre joueurs majeurs - Produits forestiers Résolu, Canfor, West Fraser et Tolko - bénéficient d'une exemption.

Pour la période de trois mois terminée le 25 mars, Tembec a vu ses profits fléchir de 11 %, à 24 millions $, ou 24 cents par action, par rapport à la même période l'an dernier, tandis que ses recettes ont progressé de 1,8 %, à 387 millions $.

L'an dernier, les résultats tenaient compte d'un gain hors trésorerie de 27 millions $ lié à la conversion de la dette de la société libellée en dollars américains. Son bénéfice d'exploitation ajusté a bondi de 50 %, pour s'établir à 54 millions $.

Cette performance trimestrielle a surpassé les prévisions des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit par action de 15 cents et sur un bénéfice d'exploitation ajusté de 48,89 millions $.

Tembec affirme que ses résultats trimestriels ont «dépassé les attentes» étant donné que ses quatre secteurs d'activité - bois, pâtes, papier et cellulose de spécialités - ont généré des résultats supérieurs aux prévisions.

À la Bourse de Toronto, l'action de l'entreprise a clôturé à 2,95 $, en hausse de deux cents, ou 0,68 %.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer